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mis le 05/04/2005


Ce texte est la mise par écrit d'un message donné oralement par Henri VIAUD-MURAT, message qui a été enregistré sur cassette audio. Afin de garder la spontanéité de ce qui a été donné, la mise par écrit a été faite en conservant l'intégralité de l'enregistrement oral, sauf quelques modifications mineures qui étaient nécessaires à la compréhension du texte écrit.



La folie de la prédication de la Croix



            Le thème de ce message peut effrayer certains parce qu'il parle de la folie de la prédication de la Croix. La prédication de la Croix est une folie, mais pas pour n'importe qui. Elle est une folie pour ceux qui périssent. Pour nous qui croyons, dit l'apôtre Paul, elle est la puissance de Dieu. Donc Paul met une barrière déjà très nette entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas.

 

            Je veux vous lire dans la Bible ce passage de la première épître aux Corinthiens, où Paul nous explique quelle est sa mission de prédicateur. Il dit au chapitre 1, au verset 17 : « Ce n'est pas pour baptiser que Christ m'a envoyé ». Il connaissait l'importance du baptême, il le pratiquait aussi, sûrement, mais ce n'était pas pour cela que Dieu l'avait envoyé. « C'est pour annoncer l'évangile, sans la sagesse du langage, afin que la Croix de Christ ne soit pas rendue vaine ». Pour moi qui vous parle de la Croix de Christ, je sais que c'est une grande responsabilité parce que la manière dont je peux en parler pourrait risquer de rendre vaine la Croix de Christ.

 

            Vous vous rendez compte de la responsabilité de celui qui parle et de ceux qui écoutent, mais surtout de celui qui parle avec la sagesse du langage, c'est-à-dire un langage humain, un langage avec des belles phrases humaines, de beaux arguments humains qui risquent d'annuler la puissance du message de la Croix, de le rendre vain ! « Car la prédication de la Croix est une folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu ». Le mot grec "logos" qui est utilisé dans le texte n'est pas "la prédication de la Croix", mais la "Parole de la Croix". C'est une parole qui sort du cœur de Dieu. Jésus est la Parole, Il est la Parole vivante (la Bible est la Parole écrite) et la Parole de la Croix est la puissance de Dieu pour nous qui sommes sauvés.

 

            « Je détruirai la sagesse des sages, et j'anéantirai l'intelligence des intelligents ». Ce n'est pas toujours facile à comprendre, mais quand le Saint-Esprit nous montre ce que Dieu veut dire, notre cœur est ouvert. Dieu ne veut pas de l'intelligence des hommes pour expliquer le message de la Croix et nous n'avons pas besoin nous-mêmes de l'intelligence des hommes pour l'entendre et pour l'accepter. Nous avons besoin de l'action du Saint-Esprit dans le cœur. Tout ce qu'il nous faut, c'est un cœur ouvert à la vérité.

 

            Si je dis devant Dieu : "Seigneur, je veux te connaître, toi, celui que tu as envoyé et cette puissance qui vient de toi, que tu as placé dans la Parole de la Croix", c'est parce que cette Parole de la Croix concerne l'œuvre de Jésus. Ce qu'on appelle la croix, ce n'est qu'un morceau de bois sur lequel Jésus a été cloué et sur lequel Il est mort. Donc, quand on parle de la Croix, on parle de la mort de Jésus-Christ, Jésus le Fils de Dieu. Dieu le Fils a pris la peine de venir s'incarner dans un corps semblable au nôtre mais sans péché, pour un seul but : monter sur cette croix et mourir. Nous savons qu'Il n'est pas resté sur la croix ni dans la tombe, le troisième jour Il est ressuscité !

            

            Jésus est passé par une mort physique complète. Il n'est pas mort à 50 pour cent ou à 90 pour cent. Il est mort à 100 pour cent. Il est passé par cette épreuve à 100 pour cent. La motivation qui était dans son cœur, et dans le cœur du Père qui l'a envoyé, l'a poussé à faire cela, et cette motivation nous le savons : c'est l'amour. C'est parce que Dieu est amour qu'Il a envoyé Jésus dans un corps comme le nôtre pour vivre selon la loi, parfaitement, sans désobéir, mais aussi pour mourir sur cette croix.

 

            Pourquoi ce message de la Croix est-il une folie pour ceux qui périssent ? C'est une folie parce que la Bible nous dit que si Jésus est venu mourir sur une croix, ce n'était pas pour lui-même (Il n'a jamais rien fait pour lui-même). Dans cette mort expiatoire, sur la Croix, il y avait la condamnation qui devait revenir à tous les hommes. Et Jésus a accepté qu'elle vienne sur lui pour recevoir la condamnation qui devait tomber sur tous les hommes à cause des péchés du monde.

 

            En montant sur cette Croix, Jésus savait ce qui l'attendait. Il a souffert comme personne n'a jamais souffert, parce qu'en plus de ses souffrances physiques, des souffrances de son cœur, il y avait cette souffrance profonde de Dieu devant le péché du monde. Quand Dieu a créé l'homme au départ, Il ne l'a pas créé pour recevoir la condamnation, pour subir le péché et toutes ses conséquences. Il l'avait créé pour être en communion avec Lui, Il l'avait créé sans péché, pur et parfait.

 

            Adam et Eve étaient des créatures parfaites, sans péché. Mais Dieu leur avait dit : "Je vous demande une chose, c'est de rester en communion avec moi. Si vous voulez bénéficier, profiter de cette vie éternelle qui est en moi, il faut que vous restiez en contact avec moi, il faut que vous restiez en communion avec moi. S'il y a quelque chose qui vient un jour briser cette communion, vous allez être coupés de moi et vous n'aurez plus la vie, vous allez connaître la mort".

 

            Quand on est séparé de Dieu, on ne peut pas espérer vivre. On peut vivre, c'est vrai, mais on n'a pas la vie éternelle de Dieu, on n'a pas la joie, la paix que procure la communion avec Dieu. Cette vie, ils l'avaient pleinement jusqu'au jour où ils ont désobéi. La condition que Dieu avait fixée était très claire « Le jour où vous mangerez de ce fruit défendu, vous mourrez ». Ils en ont mangé et ils sont morts ce jour-là. Leur mort physique est venue des centaines d'années après. Mais ce jour-là, ils ont été coupés de Dieu. Et être coupé de Dieu, c'est la mort. C'est là que le péché est entré, c'est là que les conséquences du péché sont entrées à partir d'Adam et d'Eve, et tous leurs descendants sont sous la malédiction du péché, parce que la Bible dit clairement que la conséquence du péché c'est la mort. Pas seulement la mort physique puisque l'on doit tous mourir, à moins que Jésus revienne avant pour ceux qui l'attendent, mais la mort physique est pour tous.

 

            Seulement, il y a une autre mort qui est plus terrible : la mort spirituelle. C'est le fait d'être coupé de Dieu sans le connaître, d'être coupé complètement de Dieu. C'est de cette mort-là dont nous avons hérité en naissant sur cette terre. C'est terrible de penser quand on y réfléchit un peu, qu'on naît sur cette terre pour mourir. Je parle à des jeunes, il y a quelques moins jeunes aussi par là, mais enfin, devant Dieu, quel est notre âge ? Quelle importance a notre âge ? Même si on devait vivre 100 ans en bonne forme et en bonne santé, si on perd son âme et qu'on va dans la mort éternelle, à quoi cela nous aura servi de gagner le monde entier ? La mort spirituelle, c'est être coupé de Dieu sans le connaître. La vie éternelle, c'est le connaître au sens biblique, le connaître c'est-à-dire être en communion avec lui, participer de sa vie, recevoir sa vie, sans qu'il y ait de séparation entre lui et moi.

 

            Il y a beaucoup d'hommes qui croient en Dieu. Ils voient qu'il y a un Dieu : il suffit de regarder la création pour savoir qu'il y a un Créateur. Et ils essayent de trouver des moyens pour le connaître, ils mettent en place des religions, des moyens pour rétablir ce contact qu'ils sentent dans leur cœur comme nécessaire, mais en vain ! Tous ces moyens mis en oeuvre, ces efforts inutiles (parce que ces efforts sont complètement inutiles), toute la sagesse des hommes, toutes les religions des hommes, toute la philosophie des hommes, toute la psychologie des hommes ne peuvent pas nous mettre en contact avec Dieu. La religion ne nous met pas en contact avec Dieu. Le fait de croire en Dieu ne nous met pas en contact avec lui.

 

            Ce qui nous met en contact avec Dieu, c'est lorsque la barrière du péché est enlevée. Dieu est Saint, Dieu est pur, aucun atome de péché ne peut subsister dans sa présence, et si la barrière du péché était enlevée, Dieu serait en communion et en contact avec nous. Il y a ce poids du péché dont on a hérité. Un petit bébé peut-être mignon, gentil, tout beau, il ne sait pas qu'il est né dans le péché, qu'il a reçu son héritage à la naissance, que dès la naissance même il est coupé de Dieu dans son esprit. C'est notre sort à tous avant de connaître le Seigneur Jésus, de naître dans la mort et de mourir dans la mort ! Mais Dieu qui est vie, et vie éternelle a voulu que nous connaissions la vie. Jésus a dit :  « Je suis le chemin, je suis la vérité, je suis la vie, je suis la porte ».

 

            Pourquoi Jésus est-il venu mourir sur cette Croix ? La conséquence du péché c'est la mort, que ce soit le péché dont nous avons hérité par nos pères, ou celui que nous avons commis. Nous avons tous péché, parce que nous avons hérité d'une nature de péché, et nous ne pouvons pas nous empêcher de pécher. C'est une loi. Si vous essayez de ne pas pécher sans connaître Jésus, c'est impossible d'y arriver ! Combien de milliers de péchés sont commis aujourd'hui par une seule personne depuis sa naissance ! Mais ce n'est pas cela qui arrête Dieu. Dieu n'est pas celui qui vient avec un gros gourdin pour détruire le pécheur et l'anéantir. Dieu est celui qui a envoyé, par amour, dans le monde, Jésus, son Fils, dans une chair qui, elle, n'avait pas hérité du péché originel (la chair de Jésus dès le début était pure, c'est une création surnaturelle du Saint-Esprit, sa chair, son corps n'a pas hérité du péché). Il est venu sur la terre en tant qu'homme pur et parfait pour être le seul capable de pouvoir prendre sur lui la condamnation du monde entier.

 

            Lui seul pouvait le faire. Comment un pécheur comme toi et moi pourrait-il prendre la condamnation de quelqu'un d'autre, alors que nous aurions notre propre péché à payer ? Impossible ! Il fallait un homme-Dieu pur et saint, comme Jésus seul l'a été, pour vivre sur cette terre dans l'obéissance à son Père et pour pouvoir subir la mort dans son corps ; il a subi cette mort, cette conséquence du péché qui nous coupait de Dieu, à notre place à tous. C'est quelque chose de très profond. Le fait d'être coupé de Dieu, c'est la situation du pécheur, mais Jésus étant Dieu ne pouvait pas être coupé de lui-même ! Seul un pécheur peut être coupé de Dieu. Donc Jésus, le Fils éternel, a dû s'incarner dans la chair pour porter dans sa chair la conséquence du péché des hommes et mourir dans son corps physique. Et cette mort était la conséquence du péché de l'humanité entière, du premier au dernier homme. La conséquence du péché, c'est la mort. Un seul péché a suffi à Adam et Eve pour mourir. Un seul péché nous suffit pour mourir. Et Jésus, lui, a pris dans son corps, dans sa chair, la conséquence, la condamnation de tous les péchés du monde. Dieu est juste. Etant juste, comme Il est amour, Il ne pouvait pas laisser le péché impuni. Dieu ne serait pas juste s'Il disait à un pécheur : "J'efface l'ardoise, le péché que tu as commis, je l'efface et on n'en parle plus". Dieu ne serait pas juste.

 

            Mon propre père s'appelait Louis, il était magistrat, c'était un homme bon, un homme sage. Il me disait : "Tu sais quand j'étudie les dossiers des gens, je vois leur vie, leur enfance, tout ce qu'ils ont subi, je comprends qu'ils aient pu en arriver là ! De moi-même, j'aimerais les libérer, j'aimerais les mettre au large ou les faire soigner qu'on n'en parle plus... mais il y a une loi, ils ont tué, ils ont volé ou ils ont commis un crime et je dois les condamner le plus justement possible parce qu'il y a une loi, il faut appliquer la loi !"

 

            Cela nous permet de penser à ce qui peut se passer dans le cœur de Dieu. Etant juste, Il doit appliquer sa loi. Et la loi de Dieu c'est : "La conséquence du péché, c'est la mort, la perdition éternelle". Mais comme Dieu est amour et qu'Il veut nous sauver de la mort, Il lui fallait trouver une solution. La solution parfaite, c'était qu'Il fasse mourir quelqu'un à la place de celui qui aurait dû mourir à cause de son péché. Mais Il ne pouvait pas faire mourir n'importe qui. Il n'a pu faire mourir qu'une seule personne, son propre fils Jésus, venu en chair, parmi nous, pour porter la condamnation du monde entier, volontairement.

 

            Sur la Croix, c'est là que la justice et l'amour de Dieu se rencontrent ! Mais c'est là aussi que notre responsabilité commence parce que si l'Esprit de Dieu te montre que tu es pécheur (nous le sommes tous), et que la condamnation repose de Dieu sur le péché, et que cette condamnation est la mort (seul le Saint-Esprit peut nous montrer cela), tu as une grande responsabilité.

 

            Ce n'est pas un homme comme moi qui peut vous faire peur de l'enfer en espérant vous rapprocher de Dieu. Ce n'est pas comme cela que l'on vient à Jésus, mais c'est en réalisant par le Saint-Esprit que Dieu est juste, et que Dieu étant juste, Il ne laissera aucun pécheur entrer dans son ciel de gloire, sans que son péché soit effacé. Et pour effacer le péché il faut que quelqu'un ait été condamné à la place du pécheur pour que le juge suprême puisse dire : "Jésus a été condamné à ta place. Tu l'as accepté comme celui qui a été condamné à ta place, tu es libre, va, la porte est ouverte pour toi". Et le Sang que Jésus a versé a la puissance de laver, d'effacer tous les péchés, tous sans aucune exception. Il a la puissance d'effacer mais à une condition, c'est que toi tu acceptes d'entrer dans cette proposition que Dieu, le juge suprême, te fait.

 

            Dieu dit : "Tu réalises que tu es pécheur (c'est la conviction du Saint-Esprit), tu réalises que Jésus le fils de Dieu est venu payer pour toi !" Que fais-tu toi, devant cet acte d'amour qui t'est présenté par Dieu ? Est-ce que tu vas passer à côté en disant : "Non ! je veux payer pour moi !" ? Cela c'est la folie suprême. Dire quand on a compris cela : "Non, je ne peux pas accepter que quelqu'un ait payé pour moi, je veux payer, moi ! je suis responsable, je veux payer la conséquence de mes actes". Celui qui dit cela ne se rend pas compte de ce qu'est l'enfer. Il ne se rend pas compte de ce qu'est la terrible justice de Dieu qui s'est manifestée sur la Croix en la personne de Jésus.

 

            Nous autres, êtres humains, nous avons du mal à comprendre qu'un père comme Dieu le Père puisse demander à son propre fils d'aller mourir sur une croix dans les souffrances qui ont été celles de Jésus pour quelqu'un d'autre. Quel père humain ferait cela ? Dans l'Evangile de Jean, au chapitre 17, Jésus dit à son Père : « Père, je voudrais qu'ils sachent que tu les as aimés comme tu m'as aimé ». La première fois que j'ai lu cela, mes yeux se sont ouverts, j'ai dit : "Mais est-ce possible que toi, Dieu, tu puisses m'aimer, moi, pécheur, comme tu aimes Jésus ton fils ? C'est normal que tu aimes Jésus ton fils par-dessus tout. Lui n'a jamais rien fait d'injuste, mais que tu m'aimes, moi, pécheur, comme tu aimes Jésus ton fils, cela me dépasse !"

 

            Et cet amour s'est manifesté dans le fait qu'Il a envoyé Jésus à la Croix. Et c'est cet amour qui te presse. N'as-tu jamais entendu la voix du Seigneur frapper à ton cœur ? Cette voix te presse pour comprendre ta responsabilité, comprendre que tu es placé devant un Dieu juste qui ne laissera passer aucun de tes péchés et qui ne laissera entrer aucun pécheur dans son ciel avec lui. C'est un Dieu qui a prévu dans sa justice, non pas dans sa volonté parfaite du départ, mais dans sa justice, d'envoyer dans le lieu qui a été prévu par Satan et ses anges, tous ceux qui refuseront le sacrifice de son fils. Cela, c'est le Dieu juste.

 

            Et le même Dieu qui est un Dieu d'amour parfait dit : "Voilà, par amour pour toi, j'ai donné mon fils, j'ai donné la prunelle de mes yeux, j'ai donné celui qui m'était le plus cher, mon propre fils, pour toi, sur la Croix". Il a payé, Il est mort pour que tu l'acceptes et dises : "Seigneur, j'ai compris, je ne veux pas subir la condamnation de mon propre péché, la condamnation du péché que j'ai hérité depuis Adam et Eve, du péché de mes pères. Je voudrais que cette barrière, dont je comprends maintenant qu'elle me sépare de toi, soit ôtée parce que je comprends ce qui s'est passé sur la Croix. Lui qui ne devait pas mourir est mort à ma place, maintenant je comprends, je suis touché par ton amour et j'accepte. J'accepte ce que tu m'offres. Je te demande pardon pour tous mes péchés parce que maintenant, je sais que je peux te demander pardon au nom de celui qui a payé pour moi. Et maintenant que j'ouvre mon cœur à ta grâce, à ton amour, je sais que tu vas rétablir ce contact que tu désirais si intensément rétablir avec moi".

 

            Tu te rends compte que si Dieu le Père t'aime comme Il aime son fils Jésus, imagine à quel point Il veut entrer en contact avec toi, un contact vivant pour diriger ta vie et te bénir. Tu peux penser à quel point dans le cœur du Père il y a ce désir ardent. Il faut qu'on évacue de nos pensées ces fausses images qu'on a de Dieu : un Dieu vengeur, un Dieu justicier qui est là, la trique à la main et qui n'attend qu'une chose c'est que tu trébuches pour te donner un coup sur la tête. Je vous assure que même dans l'Eglise de Jésus, il y a beaucoup de chrétiens qui ont cette conception-là de Dieu, alors que Dieu est un Dieu qui veut t'aider, qui veut te faire aller avec Lui jusqu'au bout, et Il a tout prévu pour que tu puisses le faire.

 

            Il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication de la Croix, la folie de la Parole de la Croix. C'est une folie pour ceux qui périssent. Quelqu'un qui périt et qui ne veut pas entendre ce message dit : "Mais qu'est-ce que c'est que ce message ? Quelqu'un mort en croix pour moi ? Cela n'a aucun sens, c'est de la folie pure". On ne voit pas cela dans le monde. Dans le monde on voit que celui qui le mérite paye ! C'est la justice des hommes. Mais Jésus n'a rien mérité, Il a payé, ce n'est pas normal, c'est de la folie, c'est la folie de Dieu. Il a payé par amour.

 

            Il y a aujourd'hui des pays où la condamnation à mort existe. Imaginez qu'il y ait un criminel qui est condamné à mort. Il sait pourquoi il est condamné. Et voilà que son avocat arrive en disant : "Il y a une loi qui existe disant que si ton meilleur ami veut être guillotiné à ta place, eh bien toi tu es libéré !" Vous en connaissez des amis qui accepteraient cela pour vous ? C'est là que vous verriez votre ami véritable !

 

            Et Jésus notre ami, a dit : "Par amour pour lui, pour elle, je vais subir cette mort affreuse sur la Croix". Il l'a fait et Il a payé d'avance pour tous ceux qui veulent bénéficier de cette libération.

 

            La porte de la grâce est toujours ouverte. Après le retour du Seigneur, la porte sera fermée. Nous ne savons pas quand le Seigneur va revenir. Il peut revenir dans les cinq minutes qui viennent, Il peut revenir plus tard. Mais en tous cas, je sais une chose, c'est qu'après son retour, la porte sera fermée. Ou encore, la porte sera fermée après notre mort physique sur cette terre. C'est une porte qui se ferme. Tant que l'on est vivant, on a la possibilité d'écouter, de comprendre et d'accepter la parole de la Croix. Après c'est fini.

 

            Je vais vous parler d'un deuxième aspect de la Croix qui concerne cette fois tous ceux qui ont accepté ce dont je viens de parler, et qui est important pour la vie de tous les Chrétiens. Je vous assure que ce deuxième aspect de la parole de la Croix, on en a tous besoin.

 

            Quand vous lisez dans la Bible l'Evangile, vous comprenez que l'exigence de Dieu pour ses enfants est absolue. Relisez le sermon sur la montagne, et vous verrez qu'à la fin Jésus dit à ses disciples chrétiens : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait, soyez saints comme Dieu est saint » (Matthieu 5:48). Quand on lit cela un peu vite, on peut se dire : "Bon, Jésus nous a dit cela, mais peut-être qu'Il a un peu exagéré parce que dans la pratique, il n'y a pas moyen, on ne peut pas".

            

            Pour moi, c'était un sujet qui me touchait au fond du cœur. Une fois que vous avez accepté Jésus, c'est votre Sauveur. Une fois que vous avez compris que vous êtes pécheur, que Dieu a de la haine contre le péché et qu'Il veut l'éliminer de votre vie, vous avez aussi compris qu'Il a envoyé Jésus son Fils pour payer cela, pour nous donner sa vie éternelle. C'était mon cas, j'étais un rebelle parce que j'ai répondu au Seigneur quand j'avais 33 ans. J'avais entendu le message de l'Evangile avant, mais mon cœur était fermé. Mon cœur était fermé parce que j'étais un adepte de la philosophie des hommes. Je craignais une chose, c'était la mort. Pas le fait de mourir, mais l'inconnu. Qu'est-ce qui se passe après ? J'aurai bien aimé savoir ce qui se passe après. Alors, j'ai tout dévoré.

 

            Etant catholique de naissance, né à Lourdes, élevé par des Jésuites, la religion catholique me révoltait. Je ne voulais plus entendre parler de ses règlements, de ses lois, de ses chemins de croix. Je me suis dit : "Allons voir ailleurs". Toutes les religions, toutes les philosophies y sont passées : l'hindouisme, le bouddhisme, l'islam, le marxisme. Et au bout du compte, une porte fermée, toujours la même angoisse, aucune certitude.

 

            Ce qui me troublait le plus, ce sont les réponses que me donnaient les hommes que je rencontrais dans ces religions-là. Il m'est arrivé d'en rencontrer qui venaient nous parler de la libération de l'homme, du nirvana, de toutes ces belles choses. Je me disais dans mon cœur : "Il doit savoir, lui, il doit connaître Dieu, c'est sûr !" Je le prenais en privé et je lui disais : "Ecoute cher Suami (c'est un terme technique qui veut dire Grand sage hindou), je ne veux pas de discours, tu vas me répondre par oui ou par non. Est-ce que tu connais Dieu, toi ?" Eh bien, je n'en ai pas rencontré un seul qui m'ait dit les yeux dans les yeux : "Oui, je le connais". Ils auraient pu me le dire et me mentir, Dieu ne l'a pas permis, heureusement ! Mais pas un seul qui me dise "Oui, je connais Dieu".

 

            A la fac où j'enseignais la psychologie, j'avais un collègue qui était professeur de finances et comptabilité. A un moment particulier de ma vie, il m'a parlé directement et m'a dit cette simple phrase : "Dieu existe, et Jésus-Christ est vivant". Je vous encourage à parler parce que quelquefois on se dit : "Oh, j'ai dit un mot, deux mots, qu'est-ce que c'est ? je n'ai même pas eu de signe de réponse". Je n'ai donné à mon collègue aucun signe de réponse, mais quelque chose dans mon cœur m'a parlé pour me dire : "Celui-là, il sait. Contrairement à tous les autres, il sait". C'était un Chrétien né de nouveau, qui avait la vie de Jésus dans son cœur. Et la phrase qu'il a prononcée, il l'a prononcée avec l'onction du Saint-Esprit. Parce que le Saint-Esprit donnait puissance à cette simple phrase : "Dieu existe". Oui cela je voulais bien le croire, mais il y avait aussi : "Jésus-Christ est vivant "! Et je sais aujourd'hui que Jésus n'est pas resté dans le tombeau, la mort ne pouvait pas avoir de prise sur lui, le troisième jour Il est ressuscité et maintenant Il est vivant, assis à la droite de Dieu, la mort n'a plus de prise sur lui. Il règne et Il attend que tous ses ennemis soient mis sous ses pieds.

 

            Cette simple phrase a fait son chemin, jusqu'au moment où, au cours d'une réunion dans une certaine église, j'ai entendu la prédication de la parole de la Croix. Je n'avais jamais entendu aussi clairement la parole de la Croix. La Parole de la Croix c'est : Tous sont pécheurs, tous sont sous la condamnation, sauf si tu acceptes celui qui est mort pour toi sur cette Croix. Et à la fin, le prédicateur a fait quelque chose qui pour moi était horrible, je ne pouvais pas supporter cela. Il a dit : "Maintenant, ceux qui ont été touchés par ce message de la Croix, ceux qui ont senti dans leur cœur que c'était pour eux (c'était mon cas), levez la main, je veux prier pour vous". J'étais au milieu de 400 personnes, heureusement parce que je me disais : "Toi, le prof de fac, si tes étudiants savent que tu es là, tu es fichu. Demain toute l'université le sait et ta carrière est compromise". Voyez l'orgueil de l'homme !" J'étais là, dans un coin, je savais que c'était pour moi. Je me disais : "Il n'est pas question que je lève la main", et pourtant, je savais que c'était pour moi. Cette couche d'orgueil ! Je n'ai pas levé la main mais dans le fond de mon cœur, j'ai accepté et je suis né de nouveau à ce moment-là. Comme quoi Dieu m'a quand même fait grâce, Il a eu pitié de moi malgré mon orgueil.

 

            Et quand il m'arrive de faire un appel et que je ne vois aucune main se lever, je me rappelle ce moment-là et je dis : "Seigneur, tu connais les cœurs. Il y en a qui n'ont pas levé la main, mais ils ont ouvert leur cœur et tu les as sauvés Seigneur, Toi, tu les connais, c'est cela l'essentiel". Mais après dans la vie chrétienne, quand tu sais que tu as reçu le Seigneur, que tu as une vie nouvelle et quand tu es né de nouveau, tu ne peux pas manquer de le savoir. Il y a une vie, tout est nouveau, c'est indescriptible. Je le savais, mais je savais en même temps que dans ma vie il y avait des tas d'autres choses qui étaient en contradiction avec cette vie que je sentais dedans. Je commençais à lire la Parole, j'écoutais les prédications, et tout tournait autour de l'obéissance, pour faire plaisir à Dieu, selon cette parole : « Soyez parfaits, soyez saints ». Pendant des années, parce que j'aimais Dieu, mon cœur était changé. Je me disais : "Mais il faut que tu fasses plaisir à Dieu ! Dieu qui a donné son Fils, tu ne peux pas le laisser comme cela sans rien faire pour lui ! Il faut que tu travailles pour lui, que tu fasses des choses, et puis il faut que tu obéisses à tout ce qu'Il te demande".

 

            Quand vous vous efforcez pendant des années d'obéir à Dieu, que vous aimez, mais par vos propres forces, comme Paul le dit "par la chair" et non pas par l'Esprit, c'est impossible d'être agréable à Dieu, c'est impossible de voir l'action du Saint-Esprit nous amener dans tous les plans de Dieu, c'est impossible ! J'avais franchi la première étape, celle de la nouvelle naissance par la parole de la Croix, mais il fallait aller plus loin.

            

            La deuxième étape qu'il m'a fallu franchir, c'était de revenir à la parole de la Croix qui manifeste la grâce de Dieu. Je m'efforçais d'être parfait par mes propres forces et pour m'encourager dans ce sens, on me disait : "Si Dieu ne travaille pas suffisamment dans ta vie, c'est que tu ne te lèves pas assez tôt le matin, c'est que tu ne lis pas assez la Bible, c'est que tu ne vas pas à toutes les réunions !" Pendant des années, je me suis efforcé de me lever plus tôt, d'aller aux réunions, de lire davantage la Bible ! Tout cela n'était pas perdu, mais c'était complètement perdu par rapport à la grâce de Dieu et à son action à Lui. Je voulais toujours faire quelque chose pour Dieu, alors que Dieu voulait me dire : "Arrête tes efforts, c'est Jésus qui a fait tous les efforts pour toi." Il me demandait simplement d'ouvrir mon cœur pour comprendre ce qu'Il voulait faire, l'accepter, et entrer dans son plan par la foi, mettant de côté ma vie et mes efforts personnels, en laissant la vie et les efforts de Jésus travailler en moi par le Saint-Esprit. C'était quelque chose de nouveau, et c'est peut-être 15 ans après ma conversion que j'ai vraiment compris la profondeur de la parole de la Croix.

 

            En lisant les épîtres de Paul, j'ai vu cet aspect de la Croix qui auparavant n'était qu'une doctrine pour moi, que je n'avais pas intégrée. Quand Christ est mort sur la Croix, Il ne s'est pas contenté de payer pour mon péché en portant la mort qui aurait dû me revenir, Il m'a pris tout entier. L'apôtre Paul dit : "avec ma vieille nature". La vieille nature, c'est la nature humaine que tu as reçue à ta naissance terrestre. Tu peux avoir 6 mois, être un bébé, tu es déjà un vieil homme pour Dieu, dans le sens que ce bébé a déjà une nature vieille qui remonte à Adam et Eve, dont il a hérité avec toute cette puissance de péché qui le contrôle. Et cette vieille nature-là, Jésus l'a prise sur la Croix avec Lui dans sa mort, pour la faire mourir avec Lui au moment où Il est mort. Paul dit, et c'est pour nous tous : "Je suis mort avec lui". Et ce "je", c'est notre problème essentiel à nous chrétiens. C'est aussi le problème de ceux qui ne connaissent pas le Seigneur. Mais ce "je", qui ne veut pas mourir, c'est le problème de Dieu pour son Eglise.

 

            Ce que Paul appelle "la chair", c'est simplement la nature humaine qui ne connaît pas Dieu. Cette nature humaine qui ne connaît pas Dieu, c'était la mienne avant ma conversion. Après ma conversion, mon esprit est passé par une nouvelle naissance, mais toutes les habitudes de ma vie passée, toutes mes habitudes psychologiques (le domaine des psychologues c'est les pensées, les sentiments, la volonté, tout ce qui forme notre être intérieur), ne sont pas passées par une résurrection à la nouvelle naissance. Quand on est né de nouveau, c'est notre esprit qui est né de nouveau.

 

            L'homme est composé de trois parties : un corps, un esprit qui est quelque part à l'intérieur et une âme (c'est la partie psychologique, le domaine des psychologues, l'âme. C'est les pensées, les sentiments, la volonté). L'âme n'est pas transformée à la nouvelle naissance. Les pensées sont toujours les pensées d'avant, les sentiments sont toujours les sentiments d'avant. Notre esprit profond, notre cœur profond est changé, il y a de nouvelles pensées qui viennent de Dieu par notre esprit mais qui se cognent avec les vieilles pensées qui viennent du vieil homme qui lui, n'a pas encore été transformé et qui ne sera jamais transformé puisqu'il doit mourir.

 

            Si le Chrétien qui veut marcher avec Dieu, tout en ayant reçu la vie dans son esprit, continue à marcher plus ou moins contrôlé par la vieille nature, ce Chrétien va marcher dans un mélange qui ne peut pas être agréable à Dieu. C'est pour cela que Jésus a dit à la femme samaritaine : « Vous adorez ce que vous ne connaissez pas, nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jean 4:22). Je n'avais pas compris ce que cela voulait dire ! Cela veut dire : tu as reçu un esprit nouveau à la nouvelle naissance. Le Saint-Esprit est venu habiter dans cet esprit. C'est la demeure de Dieu et ceci dans un corps qui n'est pas encore ressuscité. qui est encore soumis à la mort. On a conscience du péché, mais la conscience de la justice de Dieu dans notre esprit nouveau nous est aussi donnée par le Saint-Esprit.

 

            Le Saint-Esprit est venu pour nous convaincre de péché, de justice et de jugement. Les trois vont ensemble. Cela veut dire que le Saint-Esprit travaille d'abord pour nous révéler le péché, la nature de péché et la solution de Dieu. Ensuite le Saint-Esprit vient pour nous convaincre d'une deuxième réalité : la justice de Dieu, la sainteté parfaite de Dieu. Dieu nous dit : "Je veux que tu participes à cette sainteté, comme un don gratuit que je te donne en Jésus-Christ".

 

            Quand tu acceptes Jésus comme ton Seigneur et Sauveur, il se produit un grand miracle, le plus grand de tous les miracles, que Dieu appelle la nouvelle naissance. De même que nous avons hérité du péché par notre naissance terrestre, par notre nouvelle naissance, par la foi en Christ et en son œuvre, cette nouvelle naissance nous fait entrer dans le royaume de Dieu et nous donne un esprit nouveau qui n'a rien à voir avec notre esprit ancien. C'est un esprit nouveau, créé selon Dieu, dans une justice et une sainteté que produit la vérité. C'est un don de Dieu pour tous ceux qui acceptent Jésus comme Seigneur et Sauveur. Leur esprit hérite de la sainteté de Jésus.

 

            C'est quelque chose de formidable de penser que Dieu nous donne un être nouveau, que l'apôtre Paul appelle "l'homme nouveau" (ou la femme nouvelle). L'homme nouveau est un don de Dieu en Christ. C'est un aspect aussi de la parole de la Croix puisque par sa mort sur la Croix, Jésus a pris notre être ancien, la source de tous les péchés. Le problème de Dieu, ce n'est pas tellement tous les péchés que l'on commet, c'est la source de tous les péchés, notre être ancien. Il l'a fait mourir en Jésus sur la Croix. Et il est dit que quand Jésus est ressuscité, nous sommes ressuscités en Lui et avec Lui. Cela veut dire que par sa résurrection, Il a créé un monde nouveau. Un jour, ce monde que nous voyons va disparaître, il sera "roulé comme un vieux manteau". Un nouveau ciel, une nouvelle terre vont être créés, mais déjà ils ont été recréés en Christ par sa résurrection. Et quand Christ est ressuscité, tous ceux qui croient en Lui, ou qui vont croire en Lui, sont ressuscités à une vie nouvelle par Dieu lui-même.

 

            Vous savez que nous sommes appelés à être semblables à l'image de Jésus ! C'est quelque chose de très fort. Plusieurs fois la Bible dit : nous sommes prédestinés à être semblables à l'image de Jésus". Et comment être semblable à l'image de Jésus sinon par un don que Dieu nous fait Lui-même ? Ce ne sont pas les Chrétiens qui par leurs efforts vont arriver à grandir jusqu'à la stature de Christ, c'est un don que Dieu nous fait en Christ. Nous n'avons qu'à croire et accepter. A ce moment-là, le Saint-Esprit fait son travail en nous, il nous ouvre les yeux de plus en plus clairement, il nous ouvre les yeux pour une seul objectif, pour que nous puissions connaître l'œuvre de Christ, l'accepter par la foi, dire simplement à Dieu : "Je crois, Seigneur, je ne comprends pas intellectuellement". Peu importe, un jour tu comprendras. "Mais je reçois le message de la Croix, je reçois ce message que Jésus, sur la Croix, non seulement a payé pour moi, pour mes péchés par son Sang, mais que par sa mort, Il a fait mourir toute ma vieille nature qui m'encombrait, y compris dans la vie chrétienne quand je la vivais conduite par la vieille nature."

 

            Vous savez que la chair, la vieille nature, ne veut pas mourir ! La seule chose qu'elle craint, c'est la mort. Comme elle dominait ma vie avant ma conversion, elle a vu que j'entrais sur un chemin qui ne lui allait pas du tout et elle a dit : "Si c'est cela, je vais essayer de survivre en me cachant". Et la meilleure façon pour la chair de survivre, c'est que je la laisse se manifester et que je continue à croire qu'elle est ma véritable identité. Je répète cela parce que c'est très important que vous le compreniez bien : Dieu a pris la vieille nature dont nous avons héritée sur cette terre pour la mettre à mort en Christ. Cette vieille nature-là, c'est moi-même. Vous, vous êtes nés à tel endroit, de tels parents, avec telle hérédité, telle nationalité, vous avez une éducation, des qualités, des défauts. Tout cela c'est votre vieille nature et cette nature-là est condamnée à mort, elle est même déjà morte en Christ. Et Dieu a créé en Christ une nouvelle nature spirituelle pour nous. Elle est faite à l'image de Jésus, elle est capable de recevoir le Saint-Esprit et de manifester la vie du Saint-Esprit, elle est capable de marcher dans la foi et l'obéissance. Notre vieille nature est incapable d'obéir à quoi que ce soit de divin, c'est pourquoi Dieu met cette nouvelle nature en nous dans notre esprit régénéré. Et le Saint-Esprit, Dieu lui-même vient habiter là. Quelle grâce !

 

            Dans le temple de Jérusalem, un seul homme, une fois l'an, pouvait entrer, en tremblant, dans le lieu Très-Saint, avec le sang des boucs et des veaux, mais maintenant le tabernacle de Dieu, le lieu d'habitation de Dieu, c'est le cœur, l'esprit régénéré de ses enfants. Vous rendez-vous compte de la grâce que Dieu nous fait et la responsabilité qui est la nôtre ? Parce que ce Saint-Esprit qui est la présence de Dieu dans mon esprit régénéré, est là présent, qui m'accompagne partout, qui écoute tout ce que je dis, tout ce que je fais. Et quand je vivais, contrôlé par la chair religieuse, le Saint-Esprit le voyait, il avait compassion de moi. Il voyait que je voulais m'efforcer de faire les choses pour Dieu, il voyait que je n'avais pas compris le message de la Croix. Il a attendu patiemment que je me casse le nez ! Quand on essaye d'obéir à Dieu par ses propres forces, on aboutit à une impasse complète et on se casse le nez.

 

                         Et quand j'ai atteint le fond de mon impasse, après des années de vie chrétienne, où tous les moyens que j'avais essayés étaient condamnés à l'échec, dans mon cœur il y a eu un cri, comme celui de l'apôtre Paul qui a dit : "Misérable que je suis". Et ce cri, le voici : "Est-ce qu'il y a une solution ? Dieu me demande d'être parfait ! Je m'y efforce, je m'y efforce et jamais je n'y arrive ! Je n'ai pas envie d'une perfection à 99 pour cent. Je désire ardemment une perfection comme celle de mon Seigneur Jésus". Et le Seigneur m'a dit : "Oui, mais tu es dur à comprendre, tu es dur, c'est pourtant écrit ! Je ne veux pas de ta vieille nature, je ne veux pas de tes efforts personnels pour atteindre quelque chose que tu ne peux pas atteindre, Jésus l'a fait pour toi ! Quand Il est mort, Il a pris toute ta vieille peau. Il l'a envoyée au tombeau avec Lui, et quand Il est ressuscité, Il t'a donné cette vie nouvelle que tu sens en toi, mais tu n'as pas compris, parce que tu es encore collé à ta vieille peau."

 

            Je m'appelle Henri, je suis né à Lourdes, j'étais professeur de psychologie. Cela était une réalité, mais Jésus voulait détourner mes yeux de cette réalité-là pour que je les tourne vers Lui, vers son œuvre, vers ce qu'Il a fait de moi en Lui : une création nouvelle. « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici toutes choses sont devenues nouvelles.» (2 Corinthiens 5:17) mais en Christ, en esprit. Il faut que cette vie que tu as reçue, qui est parfaite, qui est sainte, puisse se manifester dans ton corps actuel. Et pour qu'elle se manifeste, il ne faut pas que la barrière de la chair contrôle encore quelque chose dans ta vie. Alors, c'est un message qui, pour vous, ce soir, peut être le meilleur des messages ou le pire. Vous pouvez vous dire : "Qu'est-ce que je viens faire ici pour écouter un truc comme ça !" Mais vous pouvez vous dire : "Seigneur, j'aime Jésus, je veux voir Jésus manifesté en moi, dans son Eglise".

 

            Croyons-nous honnêtement que c'est de cela que le monde a besoin ? Et dont toutes les Eglises chrétiennes ont besoin ? Ce n'est pas des meilleures doctrines dont nous avons besoin en premier. Je suis pour la bonne doctrine, ne vous trompez pas, mais ce n'est pas cela que le Seigneur cherche d'abord. Il cherche à voir Jésus manifesté dans son Eglise. Le Seigneur cherche aussi à voir Jésus manifesté au monde par son Eglise, l'amour pur de Jésus manifesté à ce monde qui en a tant besoin. Et comment cet amour pur va-t-il pouvoir être manifesté dans ma vie s'il y a un mélange avec un amour charnel, ou tout ce qui vient de ma chair ou de ma vieille nature ? Vous comprenez que cela ne peut pas aller ensemble ! Dieu veut faire table rase de tout ce qui est notre vieille peau pour manifester la vie de Jésus au travers de notre esprit nouveau, de notre nouvelle nature. C'est cela qu'Il veut !

 

            S'il y a une chose que vous devez retenir, c'est qu'il est possible de glorifier Jésus sur cette terre et dans son Eglise, pourvu qu'on laisse libre action au Saint-Esprit et à sa Parole. Accepter de mourir à nous-mêmes, c'est le grand message de la Croix : accepter que cette vieille peau à laquelle on est si attaché soit clouée vraiment à la Croix, pas seulement de manière doctrinale, parce que c'est écrit dans la Bible, mais de manière pratique dans notre vie de tous les jours.

 

            Je suis marié depuis bientôt 40 ans avec ma chère épouse qui est ici. Je l'aime comme ma fiancée, parce que cet amour-là, Jésus l'a placé dans notre cœur. Si nous n'avions pas eu Jésus pour changer ce que nous étions avant, et nous transformer à son image, peut-être que nous serions comme tant de couples, divorcés depuis longtemps, avec une famille brisée, reconstituée etc. L'amour de Jésus, c'est cela dont le monde à besoin, c'est cela dont l'Eglise à besoin, parce que cet amour est pur, il est saint, il est puissant, il est parfait et il passe par la sainteté. Et cette sainteté-là, on ne peut la vivre que dans une compréhension de la parole de la Croix et une acceptation de l'œuvre de Jésus. C'est cela dont l'Eglise a besoin.

 

            Le monde qui nous entoure croule sous la détresse, les problèmes. Combien parmi vous ici avez connu dans votre propre vie la détresse et les problèmes ! Tout cela, c'est la conséquence du péché d'un homme et d'une femme au départ, mais tout cela peut-être radicalement bouleversé, changé à cent pour cent par Jésus qui vient avec puissance dans notre vie. Non seulement il fait de nous une nouvelle créature en Christ, mais il veut nous apprendre à garder en permanence sur la Croix cette vieille peau qui voudrait toujours nous contrôler. Il veut nous apprendre à laisser la vie nouvelle en Christ se manifester.

 

            Je vais vous lire quelques passages de la Bible avant de terminer. Je lirai dans Ephésiens 4, au verset 17 : « Ce que je dis et ce que je déclare dans le Seigneur, c'est que vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées (vous voyez : la pensée, l'âme). Ils ont l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur cœur ». Paul parle à des Chrétiens nés de nouveau, remplis de l'esprit. Il nous montre qu'il est possible de marcher comme des païens, plus ou moins, si notre intelligence est obscurcie, si notre cœur est endurci ou dans l'ignorance de l'œuvre de Christ. Il est possible de laisser la vieille nature nous contrôler encore, comme elle le fait chez les païens : « Ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés à la dissolution... Mais vous (chrétiens), ce n'est pas ainsi que vous avez appris Christ, si du moins vous l'avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c'est en lui que vous avez été instruits (par Dieu lui-même, par sa Parole, par son Esprit : instruits à quoi ?) à vous dépouiller (voilà la mort de la Croix appliquée dans nos vies), eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses (le vieil homme, c'est ma nature avant ma conversion ou ce qu'il en reste), à être renouvelé dans l'esprit de votre intelligence (notre intelligence doit être éclairée par l'Esprit de Dieu et par sa Parole pour que l'on comprenne le plan de Dieu) et à revêtir l'homme nouveau (votre esprit régénéré), créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité ».

 

            Si Dieu met en toi un homme nouveau (une femme nouvelle) par ta nouvelle naissance, un homme nouveau qui est déjà créé selon Dieu, c'est-à-dire à l'image de Jésus dans une sainteté et une justice parfaites, Il veut que toi, tu apprennes de Jésus à te revêtir de cet homme-là. Il ne faut pas qu'il reste coincé dans une coquille de chair qui l'empêche de se manifester. Alors ce que tu as reçu, Jésus veut que tu apprennes à t'en revêtir, que cela se manifeste, que cela se voit. C'est cela se revêtir d'un habit.

 

            Dieu te donne un nouvel habit. Tu ne vas pas le laisser dans ta garde-robes pour continuer à porter tes vieux haillons d'avant ! Jésus va t'apprendre à sortir ton nouvel habit pour que cela se voie et que Jésus soit vu en toi. Et pour que cela se voie et que Jésus soit vu en toi, il faut d'abord que tu te déshabilles de ta vieille peau, parce que personne n'a jamais vu quelqu'un mettre un beau vêtement sur des haillons. Tu as tout reçu en Christ. Tout est déjà pour toi. Si tu le veux, dans ta vie, Dieu t'apprendra à manifester Jésus et la nouvelle vie qu'Il t'a donnée. Et si tu ne l'as pas encore reçue, je crois que c'est le moment ce soir pour toi de recevoir par la foi en Jésus ce qu'Il a accompli pour toi (et pour moi) à la Croix.

 

            Je vais terminer par la prière et je vais faire un appel. Mais je vais faire un appel silencieux. Cela veut dire que je ne demande à personne de se lever, personne de lever la main, rien. Cela va se passer entre Dieu et toi, parce que ce qui intéresse Dieu, c'est ton coeur. Comme je vous le disais tout à l'heure, il y en a qui pourront ne pas lever la main, c'est dans le cœur que cela se passe, ou au contraire, certains pourront lever la main, mais leur cœur sera fermé.

 

            Donc, ce qui intéresse le Seigneur, c'est ce qui va se passer dans votre cœur maintenant. Et l'appel que je vous lance est simple. Jésus cherche des ouvriers dans sa moisson. Il dit à ses disciples : « Priez le Père qu'Il envoie des ouvriers dans sa moisson ». Le Père cherche des ouvriers de la Croix, c'est-à-dire des hommes et des femmes qui ont compris le message de la Croix dans toute sa plénitude, qui l'ont accepté pour eux-mêmes, qui ont accepté eux-mêmes de renoncer à leur vie propre, personnelle, ancienne pour accepter pleinement la vie de Jésus dans toutes ses conséquences. C'est un renoncement au vieux moi pour accepter le nouveau moi que Dieu donne en Christ, pour être un ouvrier dans le champ de Dieu. Le véritable ouvrier n'est pas seulement celui qui va de lieu en lieu pour prêcher la Parole (il faut aussi des ouvriers évangélistes, et c'est leur ministère), mais c'est quelqu'un qui dans sa vie, a laissé Jésus se manifester, et qui au travers de lui, permet à Dieu de faire passer l'amour de Jésus dont le monde et l'Eglise ont tant besoin. Cela implique quelque chose de fondamental, de sérieux.

 

            Jésus nous demande de prier que le Père envoie des ouvriers. On manque d'ouvriers ! Dans notre monde, il y a beaucoup de gens qui cherchent du travail et qui n'en trouvent pas, mais Dieu cherche des ouvriers et je vous assure qu'Il n'en trouve pas autant qu'Il en voudrait. Vous avez peut-être toute une vie devant vous. Je dis "peut-être" car je ne sais pas quand Jésus va revenir. Mais en tous cas, cette vie que vous avez devant vous, Dieu voudrait tellement qu'elle soit vécue à la gloire de Jésus. Pas à la gloire d'une religion, pas à la gloire même d'une dénomination humaine, pas à la gloire de quiconque d'autre que Jésus.

 

            Si vous acceptez de laisser carte blanche à Dieu, d'ouvrir votre vie en disant à Dieu : "Jésus, j'ai compris, peut-être pas tout, mais je commence à comprendre ; je sais que cela va coûter très cher parce que cela va me coûter toute ma vie personnelle, tout ce à quoi j'étais si attaché avant, tous ceux à qui j'étais si attaché avant, tout, pour que tu te manifestes, Jésus, dans ma vie et que je sois un ouvrier dans ta moisson".

 

            Et maintenant je fais un appel à tous ceux qui veulent être des ouvriers de la moisson de Dieu, qui veulent vivre le message de la Croix de Jésus dans leur propre vie, qui veulent que le Seigneur mette à mort dans leur vie tout ce qui vient de la vie naturelle, de la chair et de ses convoitises trompeuses, pour que se manifeste dans leur vie la nature même de Jésus qu'Il leur a donnée à la nouvelle naissance. Je lance cet appel de la part de Jésus. C'est entre vous et Dieu.

 

            Si vous entendez cet appel et si vous répondez, dites-le dans votre cœur au Seigneur lui-même. Vous demandez la grâce de Jésus et son amour pour vous ouvrir les yeux à Christ et à son œuvre, déjà parfaite, déjà tout accomplie. Vous dites simplement : "Seigneur, me voici tel que je suis, je veux te servir, je veux être un ouvrier dans ta moisson, mais avant d'être cet ouvrier, fais dans ma vie et dans mon cœur le travail que tu veux y faire, manifeste Jésus en moi parce que je veux que le Nom de Jésus-Christ soit pleinement glorifié dans ma vie."

 

             Seigneur mon Père, nous avons besoin de comprendre ce message de la Croix, nous avons besoin d'y pénétrer, nous avons besoin de savoir en quoi il nous concerne, qu'elle est sa puissance, sa folie pour les hommes, mais sa puissance pour toi mon Père. Seigneur mon Père, ma prière et notre prière à tous, c'est que tu illumines les yeux de notre cœur pour que nous comprenions ce message, pas seulement de manière intellectuelle, mais dans la profondeur de notre cœur et de notre esprit. Par ton Esprit mon Père, je te supplie que tous les cœurs puissent recevoir la vérité et l'accepter. Amen !