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mis le 18/12/2001


Ce texte est la mise par écrit d'un message donné oralement par Henri VIAUD-MURAT, message qui a été enregistré sur cassette audio. Afin de garder la spontanéité de ce qui a été donné, la mise par écrit a été faite en conservant l'intégralité de l'enregistrement oral, sauf quelques modifications mineures qui étaient nécessaires à la compréhension du texte écrit.



Mon église est-elle conforme à la Parole de Dieu ?

Les églises locales. Les groupes de maison. Les anciens et les diacres. Les ministères de conduite spirituelle.



(message n°4)

 

 

Ce message fait partie d'une série de 4 messages (références C121 à C124). Il est le quatrième de la série.

 

 

Suite du message C123 :

 

"Cependant, de Milet Paul envoya chercher à Ephèse les anciens de l'Église". (Actes 20, 17)

 

L'église, c'est encore une fois la ville. Ephèse était surveillée par un certain nombre d'anciens. Paul n'a pas le temps d'y aller. Il envoie chercher tous les anciens ; Il n'envoie pas chercher les différents pasteurs des différentes églises d'Ephèse ; Il envoie chercher le groupe d'anciens de l'église d'Ephèse. Et puis, il leur dit :

 

Vous savez de quelle manière, depuis le premier jour où je suis entré en Asie, je me suis sans cesse conduit avec vous, (19) servant le Seigneur en toute humilité, avec larmes, et au milieu des épreuves que me suscitaient les embûches des Juifs. (20) Vous savez que je n'ai rien caché de ce qui vous était utile, (Actes 20, 18-20)

 

Le serviteur du Seigneur qui est appelé par Dieu à un ministère d'ancien va exercer son ministère en toute humilité, avec larmes, parce qu'il a beaucoup de soucis, de problèmes et de persécutions au milieu des épreuves. Mais il ne leur a rien caché de ce qui leur était utile, il n'a pas cherché à tordre la Parole du Seigneur par un intérêt quelconque. Il y a des serviteurs du Seigneur ou des pasteurs qui, aujourd'hui, cachent ce qu'il faudrait dire, parce qu'ils ont peur que leurs églises se vident, alors que cela serait leur intérêt qu'elles se vident de tous les éléments qui ne sont pas du Seigneur. Alors, au lieu de vouloir raccommoder tous les bouts de ficelle, parce qu'on ne veut pas que les fausses brebis s'en aillent, on va faire un message à l'eau de rose, où l'on va cacher des choses, où l'on va rajouter des choses qui ne sont pas du Seigneur.

Nous savons à quel point le langage de Paul était ferme, plein d'amour, mais ferme : la vérité avant tout, dans l'amour.

 

et que je n'ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les maisons, (21) annonçant aux Juifs et aux Grecs la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ. (Actes 20, 20-21)

 

Donc, tout son message se ramenait à deux mots clef : repentance et foi. Il leur annonce ce qui l'attend, et il dit :

 

Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l'Église du Seigneur, qu'il s'est acquise par son propre sang. (Actes 20, 28)

 

Donc ancien est égal à évêque. Il est clair que c'est le Saint-Esprit qui les a établis. Paul s'est contenté de les nommer, parce qu'il a vu que le Saint-Esprit les avait choisis.

 

Je sais qu'il s'introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n'épargneront pas le troupeau, (30) et qu'il s'élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. (Actes 20, 29-30)

 

D'abord, il y en aura d'autres, des faux, qui vont venir de l'extérieur, et puis, du milieu de vous, il va s'en lever quelques uns. Ils vont enseigner des fausses doctrines pour entraîner des disciples non pas après le Seigneur, mais après eux. Vous voyez la distinction entre les vrais et les faux ?

 

Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n'ai cessé nuit et jour d'exhorter avec larmes chacun de vous. (Actes 20, 31)

 

Vous voyez comment Dieu travaillait par le ministère de Paul : il exhortait constamment le troupeau avec larmes, il ne lui cachait rien. Et il finit en disant :

 

Et maintenant je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, à celui qui peut édifier et donner l'héritage avec tous les sanctifiés. (Actes 20, 32)

 

Il n'y a aucune domination chez Paul. Il ne se sentait pas propriétaire de ses brebis ; Elles ne devaient pas lui rendre des comptes constamment. Il les a exhortées et il ne les a pas commandées. Il les a soutenues dans la prière. Il leur montrait tout le chemin du Seigneur sans rien leur cacher.

 

Dans 1 Timothée 3 Paul donne à Timothée les critères pour être ancien :

 

Cette parole est certaine : si quelqu'un aspire à la charge d'évêque, il désire une œuvre excellente. (1 Timothée 3, 1)

 

Dieu choisit quelqu'un et met le désir de cette charge en lui. Si Dieu te met dans le cœur d'être ancien c'est uns chose excellente et tu dois prier le seigneur dans ce sens en disant : Seigneur, c'est une responsabilité ; j'aimerai vraiment aider les brebis, être un ancien dans ta maison, dans une église, une ville. Cela va se faire avec un certain nombre de conditions :

 

Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l'enseignement (1 Timothée 3, 2)

 

Vous pouvez avoir deux interprétations pour "mari d'une seule femme". Dans sa vie, il n'a été marié qu'une seule fois ou bien il n'a eu qu'une seule femme à la fois. Au sens biblique, il n'y a aucune interdiction pour un veuf de se remarier. Je pencherai plutôt pour la première interprétation. Ça peut être confirmé, par exemple, dans l'épître à Timothée où il dit :

 

Qu'une veuve, pour être inscrite sur le rôle, n'ait pas moins de soixante ans, qu'elle ait été femme d'un seul mari, (1 Timothée 5, 9)

 

Vous pouvez avoir la deuxième interprétation pour conviction.

 

Donc, vous voyez que tous les anciens devaient avoir un don pour enseigner les brebis, puisque, dans le travail du berger, il y a un travail de faire passer la Parole dans le cœur des enfants du Seigneur ? Ce n'est pas forcément un ministère de docteur, l'enseignement, mais c'est être capable, dans les conseils pratiques qu'on a à donner aux brebis, de faire passer la Parole de Dieu.

 

Il faut qu'il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé. (4) Il faut qu'il dirige bien sa propre maison, et qu'il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté ; (5) car, si quelqu'un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'église de Dieu ? (1 Timothée 3, 3-5)

 

Tout cela est plein de sagesse. C'est une liste de critères très précis. Donc, certains peuvent être appelés à commencer à exercer un ministère, mais pour pouvoir être officiellement reconnu et nommé ancien, il faut avoir certaines capacités et veiller sur les conditions. Dieu va demander à l'église de veiller à ce que ses anciens respectent les conditions. Si l'église ne le fait pas, elle pèche. Je me demande quel est le pourcentage de véritables anciens qui resteraient dans l'église, si tous ces critères étaient effectivement mis en pratique !

Un peu plus loin, Paul dit :

 

Il ne faut pas qu'il soit un nouveau converti, (1 Timothée 3, 6)

 

Alors, ça semble un peu en contradiction avec le fait qu'on a vu Paul nommer des anciens après quelques mois ou quelques semaines d'évangélisation. Paul les a enseignés clairement sur les conditions à respecter. Il avait non seulement discerné l'appel du Seigneur, mais il avait aussi vérifié dans leur vie, s'ils respectaient toutes les conditions.

 

de peur qu'enflé d'orgueil il ne tombe sous le jugement du diable. (7) Il faut aussi qu'il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l'opprobre et dans les pièges du diable. (1 Timothée 3, 6-7)

 

On voit donc que Paul était un homme pratique, quand il passait dans une ville, qu'il venait d'évangéliser les gens. Il savait qu'il ne pouvait pas partir sans nommer certains comme responsables de la marche spirituelle de l'église, sans les enseigner sévèrement sur les conditions à remplir. Quand l'église est établie depuis plusieurs dizaines d'années, les anciens qui sont choisis ne doivent pas être de nouveaux convertis, puisqu'il est possible de choisir des anciens convertis qui remplissent les conditions. c'est une simple question de sagesse.

Ces critères de choix sont repris dans Tite :

 

Je t'ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville, (6) s'il s'y trouve quelque homme irréprochable, mari d'une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles. (Tite 1, 5-6)

 

C'étaient des hommes qui, déjà, dans leur vie personnelle, rendaient un bon témoignage. Pour ma part, je défends l'idée qu'un homme divorcé, ou divorcé et remarié, ne doit jamais être reconnu officiellement comme ancien d'une église locale. Il se trouve qu'il y en a une foule qui sont divorcés, remariés, et établis comme pasteurs ou évangélistes ou autres. Dieu semble bénir quand même leur ministère par des signes, des prodiges. Mais je pense que, si on veut vraiment satisfaire le cœur du Seigneur, il faut respecter ces conditions. Le Seigneur a une place pour ces hommes-là dans son Eglise. Ils peuvent exercer tous les dons de l'Esprit, manifester toute la puissance de Dieu dans les signes, les prodiges et les miracles, mais ils ne sont pas appelés à être reconnus officiellement par dieu comme les anciens du troupeau dans une localité. Dieu a ses raisons.

 

"Ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles." : c'est tellement important. Tellement d'anciens et de pasteurs ont des enfants infidèles. S'ils reconnaissent cela, leur responsabilité est de démissionner immédiatement et d'attendre que les enfants deviennent fidèles. Si un ancien a des enfants qui commencent à être infidèles, il doit tout faire pour qu'ils le deviennent, dans la prière, dans l'intercession. L'église ne doit pas le conserver à une place d'ancien reconnu. Il va avoir un travail qui peut être très efficace, mais il n'aura pas une position spirituelle d'ancien, parce que Dieu ne le permet pas pour le moment.

 

Vous voyez pourquoi il attache de l'importance à des gens qui ont une vie équilibrée, tranquille, paisible, juste, droite, simple, humble mais remplie du Seigneur et de sa Parole et de la capacité d'exhorter selon la saine doctrine.

 

Maintenant, qu'est-ce que ça veut dire "paître l'église", puisque le but des anciens c'est de paître ? J'aimerais développer un peu cette expression. Pierre la décrit de manière précise :

 

Voici les exhortations que j'adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée : (1 Pi 5, 1)

 

Pierre était apôtre, mais ce n'était pas une catégorie spéciale au-dessus des anciens. Il était ancien comme eux seulement. Il avait un ministère beaucoup plus puissant que les autres, parce qu'il était appelé à un ministère spécial par Dieu, mais il se considérait ancien comme les autres.

 

Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; (1 Pi 5, 2)

 

"Paissez", ça veut dire nourrissez-le, donnez-lui de l'embonpoint spirituel pour qu'il soit en bonne santé, non par contrainte, mais volontairement. C'est la première caractéristique de l'ancien. Il le désire personnellement, personne ne l'oblige et il n'est pas commandé par quelqu'un d'autre à qui il est obligé d'obéir. On le fait parce qu'on aime cela, parce qu'on est appelé par le Seigneur, par amour pour Jésus. Mais on n'est pas fonctionnaire de la foi, comme tant de pasteurs qui sont nommés pasteurs, qui attendent leur retraite et, quand ils la prennent, ils ne s'occupent plus des brebis.

Donc, on le fait parce qu'on répond à un appel du Seigneur, par amour pour Jésus et ses brebis, et "non pour un gain sordide, mais avec dévouement" à son ministère et ses brebis. On ne doit pas craindre d'être dérangé. On ne doit pas dominer sur ceux qui vous sont échus en partage, mais être les modèles du troupeau, c'est-à-dire les modèles de Jésus selon Jésus qui est le grand modèle, avec un esprit de serviteur, pour faire passer aux brebis tout ce qui leur faut pour être en bonne santé spirituelle et physique.

 

Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire. (1 Pi 5, 4)

 

Donc, l'ancien doit avoir constamment à l'esprit le modèle qui est Jésus, et puisque les brebis lui sont confiées pour qu'il leur donne à manger, il faut qu'elles puissent voir en lui de plus en plus Jésus, parce qu'elles vont regarder à l'ancien et elles vont avoir tendance à imiter l'ancien s'il imite Jésus. Il y en même qui imitent l'ancien qui n'imite pas Jésus. Mais le Seigneur nous demande d'imiter les anciens qui imitent Jésus. Paul dit :

 

Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ. (1 Corinthiens 11, 1)

 

Mais pas comme dominant. Partout où vous avez l'esprit de domination, vous n'avez pas la liberté de l'Esprit. Ça veut dire qu'on ne peut pas faire la moindre chose dans l'église sans demander la permission au pasteur qui domine, parce qu'il faut que tout soit contrôlé par le chef. Si je suis ancien d'une église, je ne peux que me réjouir de voir les brebis du Seigneur commencer à exercer leurs responsabilités en Dieu. Si tu as envie d'évangéliser ton village, parce que Dieu te le demande, tu n'as pas besoin de demander la permission à un pasteur. Mais, si tu es ancien dans une église locale avec d'autres anciens qui travaillent avec toi, tu ne vas pas faire cavalier seul. Tu vas en parler à tes frères anciens, pour avoir leur avis, pour prier ensemble. Mais il n'y aura pas quelqu'un qui va dominer sur toi et qui va te donner une autorisation. Donc, si Dieu te montre que tu es appelé à faire quelque chose pour lui, en tant que brebis, tu en parles aux anciens ou autour de toi. Le problème, c'est que, souvent, tu as des anciens qui ne sont pas spirituels, et tu ne te sentiras pas conduit à leur en parler, parce que ça va être le blocage immédiat. Que faut-il faire dans ce cas-là ? Prier Dieu, et Dieu va te montrer.

Aux anciens d'Israël qui disent :

 

Ne vous avons-nous pas défendu expressément d'enseigner en ce nom-là ? (Actes 5, 28)

 

Pierre et les apôtres répondirent :

 

Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. (Actes 5, 29)

 

C'est le cas de beaucoup d'anciens aujourd'hui. Ils sont comme les membres du sanhédrin qui bloquent tout, parce que ce n'est pas fait comme ils voudraient le faire. Si on mettait en pratique ce qui est dit dans la Parole, c'est la ruine de 90 % des églises actuelles, parce que tout ce que les hommes ont mis en place s'écroulerait comme un château de cartes. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Je ne vous cacherai rien de ce que Dieu dit.

 

 

L'ancien, à Gaïus, le bien-aimé, que j'aime dans la vérité. (3 Jean 1, 1)

 

Le grand apôtre Jean s'appelle l'ancien, tout simplement.

 

J'ai écrit quelques mots à l'Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit point. (3 Jean 1, 9)

 

Vous voyez comment il y avait déjà les germes de la caricature de pasteur qu'on trouve dans beaucoup d'églises aujourd'hui, c'est-à-dire quelqu'un qui aimait être le premier, donc le seul qui commande et qui commandait de manière autoritaire l'église, puisqu'il ne voulait pas recevoir Jean. Et Jean dit :

 

C'est pourquoi, si je vais vous voir, je rappellerai les actes qu'il commet, en tenant contre nous de méchants propos ; non content de cela, il ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l'Église. (3 Jean 1, 10)

 

Ce Diotrèphe aimait être le premier. Il empêchait les vrais serviteurs de Dieu de venir et il empêchait les brebis du Seigneur de les recevoir et d'entrer en contact avec eux. Et, s'il y en a qui le faisait, il les chassait de l'église. Voilà le dominateur dont Jean ne voulait pas. Il n'exerçait pas sur Diotrèphe une autorité papale. Il reconnaissait le fait que Diotrèphe était en position d'autorité usurpée, mais il ne prenait pas autorité sue Diotrèphe pour l'exclure. Il disait simplement aux brebis qu'elles avaient un mauvais pasteur. Et si les brebis étaient spirituelles, elles écoutent la voix de l'ancien qui parlait de la part de Dieu et elles se dégageaient de Diotrèphe.

 

Bien-aimé, n'imite pas le mal, mais le bien. (3 Jean 1, 11)

 

N'imite pas Satan, le dominateur, mais Jésus. On doit veiller à ce que l'esprit de domination ne s'infiltre pas dans nos rapports mutuels, dans nos groupes et dans nos églises. C'est très subtil, parce que, entre mari et femme, c'est très vite fait de dominer. Dans un petit groupe comme le nôtre, c'est vite fait de commencer à dominer ou d'exercer une domination subtile, de faire pression. Vous savez comment on commence à dominer ? En jugeant ou en méprisant tel frère ou telle sœur. On le juge parce qu'on le trouve moins spirituel ou trop spirituel, parce qu'il ne fait pas comme nous. On va mépriser telle sœur parce qu'elle ne met pas le voile ou qu'elle n'a pas de jupe. On ne doit jamais forcer quelqu'un à faire quelque chose. Si on commence à faire pression spirituelle pour forcer, on est déjà animé par l'esprit de Satan, le dominateur. On doit agir par la vérité, par la prédication de la Parole et laisser tout le monde libre. Permission sans domination, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de discipline dans l'église. Elle s'exerce de manière biblique, sans esprit de domination. Si, au milieu d'un groupe, le péché est pratiqué ouvertement, on doit appliquer la procédure que le Seigneur demande :

 

Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. (16) Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. (17) S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Église ; et s'il refuse aussi d'écouter l'Église, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. (Matthieu 18, 15-17)

 

Cela n'est pas dominer, mais veiller à la vérité.

On peut voir le cœur d'un berger comme Paul dans :

 

Vous savez vous-mêmes, frères, que notre arrivée chez vous n'a pas été sans résultat. (2) Après avoir souffert et reçu des outrages à Philippes, comme vous le savez, nous prîmes de l'assurance en notre Dieu, pour vous annoncer l'Évangile de Dieu, au milieu de bien des combats. (1 Thessaloniciens 2, 1-2)

 

Le travail des anciens est d'annoncer au milieu de bien des combats, dans des souffrances, des difficultés, des persécutions. C'est pour ça qu'il faut prier beaucoup pour eux.

 

Car notre prédication ne repose ni sur l'erreur, ni sur des motifs impurs, ni sur la fraude ; (1 Thessaloniciens 2, 3)

 

Les faux anciens sont animés par l'erreur, les motifs impurs ou la fraude. Les vrais anciens sont animés par l'esprit de vérité, de pureté, de sainteté du Seigneur.

 

mais, selon que Dieu nous a jugés dignes de nous confier l'Évangile, ainsi nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu, qui sonde nos cœurs. (1 Thessaloniciens 1, 2-4)

 

L'ancien ne va jamais plaire à un homme. Beaucoup d'anciens, aujourd'hui, ne pensent qu'à ça, pour être populaires, pour avoir une écoute de plus en plus large au niveau de l'église locale ou de l'Eglise universelle. Pour être reconnu au niveau de l'Eglise universelle aujourd'hui, il faut être populaire, donc il ne faut pas donner tout l'Evangile de Dieu. Dès que tu commences à dire toute la vérité, tu n'es plus populaire. Je connais des vrais prophètes du Seigneur qui sont vraiment des prophètes ; mais ils sont mis de côté, ils ne sont pas considérés comme des hommes populaires, et pourtant, ils disent des paroles de Dieu qui sont vraiment des merveilles. Voyez ce que Paul dit :

 

Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, (4) détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. (2 Timothée 4, 3-4)

 

Et il dit maintenant :

 

non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu, qui sonde nos cœurs. (5) Jamais, en effet, nous n'avons usé de paroles flatteuses, comme vous le savez ; jamais nous n'avons eu la cupidité pour mobile, Dieu en est témoin. (1 Thessaloniciens 2, 4-5)

 

Le faux prophète va flatter les gens. Le vrai ne va pas les flatter, il va les encourager et leur dire la vérité en face. Les faux voient tout au travers de l'argent : la dîme, les offrandes, la construction d'un bâtiment plus grand, d'une radio. J'ai connu des brebis qui ont été tondues jusqu'à l'os. On leur a fait vendre des appartements, donner leurs économies, parce qu'il y avait un homme ambitieux qui voulait soi-disant servir le Seigneur.

 

Nous n'avons point cherché la gloire qui vient des hommes, ni de vous ni des autres ; nous aurions pu nous produire avec autorité comme apôtres de Christ, (7) mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. De même qu'une nourrice prend un tendre soin de ses enfants, (8) nous aurions voulu, dans notre vive affection pour vous, non seulement vous donner l'Évangile de Dieu, mais encore nos propres vies, tant vous nous étiez devenus chers. (9) Vous vous rappelez, frères, notre travail et notre peine : nuit et jour à l'œuvre, pour n'être à charge à aucun de vous, nous vous avons prêché l'Évangile de Dieu. (1 Thessaloniciens 2, 6-9)

 

Paul fabriquait des tentes la nuit pour pouvoir prêcher la journée.

 

Vous êtes témoins, et Dieu l'est aussi, que nous avons eu envers vous qui croyez une conduite sainte, juste et irréprochable. (11) Vous savez aussi que nous avons été pour chacun de vous ce qu'un père est pour ses enfants, vous exhortant, vous consolant, vous conjurant (12) de marcher d'une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son royaume et à sa gloire (1 Thessaloniciens 2, 10-12).

 

Vous avez ici un bon descriptif de ce qu'est un ancien pour le peuple du Seigneur. Quand je lis ça, moi je tremble et je dis au Seigneur : "Fais-moi grâce, parce que, qui peut répondre à ces exigences, s'il n'est pas visité par la grâce du Seigneur, être rempli de douceur, d'amour, de patience, de persévérance, supporter les coups, les injustices, les mauvaises accusations et continuer à faire du bien, à encourager. J'ai l'image de Jésus là. Jésus supporte nos faiblesses, nos péchés. Il continue encore à nous encourager, à nous relever, à nous faire du bien. Si nous avons le cœur tourné vers lui et vers la vérité, jamais il ne nous laissera tomber. Lisez le chapitre 34 d'Ezéchiel, où il est parlé du bon berger. Vous voyez combien ce bon berger prend soin des brebis, va chercher celle qui est égarée, soigner celle qui est malade. C'est vraiment le rôle du pasteur, du ministère de pasteur au sens de berger. Il va s'occuper de ses brebis comme un père s'occupe de ses enfants, comme on prend soin de son bébé quand on est la nourrice. Et vous verrez aussi, dans ce passage, le sort terrible que Dieu réserve aux mauvais anciens ou aux mauvais pasteurs qui ne paissent pas les brebis, mais qui se paissent eux-mêmes.

 

Maintenant, je termine par les obligations des brebis vis-à-vis des anciens. Je rappelle, non pour faire un appel d'argent, car je n'ai besoin de rien, que les brebis doivent prendre soin de leurs anciens sur le plan matériel et financier. Quand un ancien est vraiment appelé par Dieu, il va compter uniquement sur Dieu, il ne demandera rien à personne, ni un salaire, ni de l'argent. Il va compter sur Dieu, dans la prière mais ce sera aux brebis de discerner et de pourvoir aux besoins du berger, en ce qui concerne sa nourriture, ses vêtements les besoins de sa vie. Paul dit même :

 

Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d'un double honneur, surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l'enseignement. (1 Timothée 5, 17)

 

Et le mot grec, c'est "honoraire". Mais l'ancien peut refuser ce choix, comme Paul l'a fait bien souvent. C'est aux brebis d'exercer leur discernement, et aujourd'hui, si beaucoup d'anciens véritables souffrent sur ce plan, c'est que les brebis n'écoutent pas la voix du Seigneur. Ce sont de vrais anciens qui ne disent jamais rien à personne, qui ne font pas d'appel d'argent. Ils comptent sur le Seigneur, mais, comme ce sont les brebis qui n'écoutent pas la voix du Seigneur et qui ne donnent pas ce qu'elles devraient donner, les anciens souffrent en silence. Nous sommes responsables, en tant que brebis du Seigneur, du moindre centime que nous donnons aux anciens. Cela veut dire que, si des mauvais anciens font des appels d'argent qui ne sont pas conduits par le Seigneur, Dieu nous rendra responsables de l'argent que nous leur donnons et que nous n'aurions pas dû leur donner. Nous devons réserver cet argent aux emplois que Dieu a prévus : pourvoir aux besoins des anciens, des missionnaires, des saints qui sont pauvres. Si nous sentons qu'un appel d'argent est fait pour un but qui n'est pas du Seigneur, pour combler un trou, par exemple, qui est dû à l'imprudence de la mauvaise gestion d'un ancien qui a fait des choses qu'il n'aurait pas dû faire, Dieu nous rendra responsable de l'argent qu'on a donné. Il faut vraiment savoir qu'on est conduit par le Seigneur, parce que les choses sont présentées de manière réellement subtile et tellement séduisante que beaucoup de brebis sont séduites pour donner.

 

Maintenant, je termine par :

 

Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; (Hé 13, 7)

 

Une autre obligation des brebis est de se souvenir de leurs conducteurs. Comment peut-on se souvenir d'eux ? Dans la prière, avant tout. Paul parlait constamment à ses brebis en disant : "Priez pour moi". Il faut prier pour eux. Ils sont en danger spirituel. Souvenez-vous d'eux aussi dans les actes d'affection que vous pouvez leur porter. Il le dit au verset 7 :

 

considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. (Hé 13, 7)

 

La fin est plus importante que le commencement. Il y a des anciens qui ont bien commencé et qui ont mal fini. Ce n'est pas ceux-là qu'il faut imiter. Un peu plus loin, au verset 17, il dit :

 

Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ; (Hé 10, 17

 

Les vrais anciens veillent sur vos âmes, parce que, quand ils sont nommés par Dieu anciens sur une église ou sur une ville, ils devront rendre compte au Seigneur des âmes que Dieu leur a confiées. Ils ne sont pas responsables de tous les péchés que peuvent faire leurs brebis, mais ils sont responsables de bien remplir leur ministère vis-à-vis de ces âmes que Dieu leur a confiées.

 

qu'il en soit ainsi, afin qu'ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d'aucun avantage. (18) Priez pour nous ; (Hé 10, 17-18)

 

Il montre bien l'obligation qu'il y a de prier pour les anciens. Pour résumer, je disais : pourvoir à leurs besoins, se souvenir d'eux, leur obéir mais leur obéir dans le Seigneur. Il faut pouvoir discerner si ce sont des anciens véritables spirituels qui vous donnent vraiment la pensée du Seigneur. A ce moment-là, vous suivez et vous vous soumettez, mais pas en obéissant de manière aveugle à tout ce qu'un ancien pourrait demander, si ce n'est pas confirmé par la voix du Seigneur dans votre cœur et surtout si ce qu'il dit n'est pas conforme à la Parole du Seigneur. Il faut être soumis dans le cœur, c'est-à-dire ne pas faire de rébellion ouverte, ne pas donner un mauvais témoignage de division ou de dispute, mais discerner que ce qu'il demande n'est pas conduit par Dieu et, à ce moment-là, refuser de le faire tout en restant soumis dans le cœur.

Alors, dans 1 Timothée 5, Paul dit :

 

Ceux qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte. (1 Timothée 5, 20)

 

Le Seigneur demande que les anciens spirituels reprennent publiquement l'ancien qui pèche. Personnellement je ne dirais pas que c'est seulement les anciens qui doivent reprendre d'autres anciens qui pèchent. Il faut distinguer le fait de reprendre publiquement et en privé. Reprendre en privé est donné à tous les chrétiens.

 

Matthieu 18, 15-16 Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. (16) Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins.

 

Mais, quand il s'agit d'un ancien, le traitement est plus sévère, parce qu'il doit être immédiatement repris en public par un autre ancien qui discerne que ce qu'il est en train de faire ne doit pas se produire.

 

Donc un groupe d'anciens dirige collectivement l'église locale, selon l'appel de Dieu, avec un esprit de service, sans domination, toujours ensemble. Les brebis sont appelées à un ministère personnel du Seigneur et à des dons personnels, guidées et aidées par des anciens qui sont les modèles du troupeau. Pas de domination, pas de pasteur ou de ministère unique, pas d'église divisée en dénomination, mais des groupes familiaux dans des maisons qui constituent des églises de localité et qui font partie de l'ensemble du corps de Christ.

 

Alors, Seigneur, donne-nous de bien comprendre ces choses dans ton Esprit. Que ton Esprit rende vivante ta Parole dans nos cœurs, qu'elle soit imprimée dans nos cœurs ! Tu nous révèles toi-même ces choses par ton Esprit. Tu vois, Seigneur, le désordre actuel dans l'Eglise. Je te prie que tu donnes à chaque brebis ta sagesse et que tu les diriges dans tes gras pâturages et dans tes plans parfaits. Fais lever beaucoup d'ouvriers selon ton cœur, des hommes et des femmes qui vont vraiment se consacrer à ton service, des anciens qui soient selon ton cœur. Que tous les besoins soient couverts, Seigneur, et que ton cœur soit satisfait, parce que nous sommes dans l'obéissance à ta Parole. Seigneur, je demande ta grâce et je te remercie de la donner dans le nom de Jésus-Christ. Amen.