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mis le 10/01/2005


Ce texte est la mise par écrit d'un message donné oralement par Henri VIAUD-MURAT, message qui a été enregistré sur cassette audio. Afin de garder la spontanéité de ce qui a été donné, la mise par écrit a été faite en conservant l'intégralité de l'enregistrement oral, sauf quelques modifications mineures qui étaient nécessaires à la compréhension du texte écrit.



La solitude

La clé de la victoire sur la solitude



          Ce soir, je voudrais vous parler d'un sujet qui m'a été donné par le Seigneur. Je n'y pensais pas de moi-même et en priant, j'ai reçu ce message. C'est un sujet assez particulier, celui de la solitude, qui, malheureusement, est le sujet principal dans la vie de beaucoup de personnes.

 

          Je voudrais vous dire tout de suite que, dans ce domaine-là, le Seigneur veut nous révéler des choses profondes, et il veut nous rendre capables de traverser les temps difficiles qui vont venir, où la solitude sera un problème de plus en plus important pour les chrétiens qui veulent vraiment marcher avec Dieu. Autour de nous, les non-chrétiens s'assemblent dans toutes sortes de rassemblements : des syndicats, des partis politiques, des religions, etc. A mesure que le retour du Seigneur se fait plus proche, en face de nous, l'action de Satan vise à rassembler les hommes sous sa bannière. L'homme sans Dieu a horreur de la solitude, et il fait tout pour trouver des solutions à sa solitude.

 

          Au début, quand Dieu a créé l'homme, il n'en était pas ainsi. Quand il l'a formé de la poussière de la terre et que l'homme Adam était tout seul avec la belle création, les roches, les mers, les rivières, les arbres, les fleurs, et tous les animaux, Dieu a dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul, je lui ferai une aide semblable à lui »(Genèse 2:18). Et il a endormi Adam, il lui a ouvert le côté, il lui a prélevé une côte et de cette côte il a tiré la chair de sa chair et l'os de ses os, c'est-à-dire sa propre femme, son épouse. Adam n'était plus seul, ils étaient deux, mais deux en un, puisque le Seigneur a dit dans Genèse 2:24 : « L'homme s'attachera à sa femme et ils deviendront une seule chair », unis, deux en un. Au début, il n'y avait donc aucun problème de solitude.

 

          Dans le monde d'aujourd'hui, tous sont seuls, solitaires. Même dans les grandes foules, c'est une foule de solitaires qui n'ont pas de communion, de contacts réels, sérieux, les uns avec les autres. Dans les familles, c'est la même chose. Le péché a détruit, dès le départ, le plan de Dieu. Le plan de Dieu était de faire une humanité où tous auraient été dans la communion, entre eux, et avec Dieu. A cause du péché, tous ont été coupés de Dieu et coupés les uns des autres. La solitude a commencé avec le péché.

 

          Et maintenant, un des problèmes les plus profonds de l'humanité qui nous entoure, c'est la solitude. Des gens seuls, des gens isolés en souffrent dans leur coin, et dans l'Eglise aussi. Il y a beaucoup de solitude, beaucoup de gens isolés, beaucoup de gens dont personne ne s'occupe et qui n'ont pas de ressource spirituelle pour affronter cette solitude. Le problème de l'humanité aujourd'hui, c'est vraiment le fait d'être coupé de toute communion réelle avec ceux qui nous entourent et avec notre créateur. Rappelez-vous ce que vous étiez, ou ce que nous étions, avant de connaître Dieu : nous étions des hommes et des femmes seuls, complètement seuls. Nous cherchions, et l'homme dans ce monde d'aujourd'hui cherche par tous les moyens à combler cette solitude. Il consulte les petites annonces de mariage et de recherche de compagnon, de recherche de compagne. Il utilise tous les moyens à sa disposition pour essayer de trouver l'âme sœur avec laquelle il va pouvoir épancher son cœur et être en communion. Mais ça ne peut pas se faire parce qu'il y a la barrière du péché. La solitude ne trouve sa solution qu'en Christ et dans le corps de Christ (celui qui marche par l'esprit). Autrement, il n'existe aucune solution réelle au problème de la solitude.

 

          Dans la Parole de Dieu, surtout dans l'Ancien Testament, chaque fois que le mot solitude est prononcé, c'est toujours dans un contexte de jugement du péché, d'intervention de Dieu pour juger. Je citerai quelques exemples :

Jérémie 9:11 : « Je ferai de Jérusalem un monceau de ruines, un repaire de chacals, Et je réduirai les villes de Juda en un désert sans habitants. »

Jérémie 44:6 : « Ma colère et ma fureur se sont répandues, et ont embrasé les villes de Juda et les rues de Jérusalem, qui ne sont plus que des ruines et un désert, comme on le voit aujourd'hui. »

Ezéchiel 29:9-10 : « Le pays d'Égypte deviendra une solitude et un désert. Et ils sauront que je suis l'Éternel, Parce qu'il a dit: Le fleuve est à moi, c'est moi qui l'ai fait! C'est pourquoi voici, j'en veux à toi et à tes fleuves, Et je ferai du pays d'Égypte un désert et une solitude. »

Ezéchiel 33:28 : « Je réduirai le pays en solitude et en désert; l'orgueil de sa force prendra fin, les montagnes d'Israël seront désolées, personne n'y passera. »

Ezéchiel 33:29 : « Et ils sauront que je suis l'Éternel, quand je réduirai le pays en solitude et en désert, à cause de toutes les abominations qu'ils ont commises. »

Ezéchiel 35:3-4 : « Tu lui diras: Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'en veux à toi, montagne de Séir! J'étends ma main sur toi, Et je fais de toi une solitude et un désert. Je mettrai tes villes en ruines, Tu deviendras une solitude, Et tu sauras que je suis l'Éternel. »

Ezéchiel 35:7 : « Je ferai de la montagne de Séir une solitude et un désert, Et j'en exterminerai les allants et les venants. »

Sophonie 2:13 : « Il étendra sa main sur le septentrion, Il détruira l'Assyrie, Et il fera de Ninive une solitude, Une terre aride comme le désert. »

Malachie 1:3 : « Et j'ai eu de la haine pour Ésaü, J'ai fait de ses montagnes une solitude, J'ai livré son héritage aux chacals du désert. »

 

          Partout où les prophètes annonçaient le jugement de Dieu, ils annonçaient la désolation, la solitude, la désertification. Et on l'a vu pour le pays d'Israël. Quand les Juifs y sont venus, ils ont chassés les Cananéens, au moins en partie, et ils s'y sont installés. Mais comme ils ont abandonné l'Eternel, Dieu a fait de ce pays une solitude pendant des siècles. Israël a été un pays qui a été abandonné au désert, à la désertification pendant des siècles. Il a été laissé pratiquement désert à la suite de la destruction du peuple qui l'habitait. Et partout où le mot solitude est employé, je le répète, c'est un contexte de péché et de jugement du péché.

 

          L'homme est condamné par Dieu à la solitude à cause de son péché. C'est vraiment la conséquence numéro un du péché : être coupé de Dieu. Etre coupé de Dieu, c'est être complètement seul. Quand on n'a pas Dieu dans sa vie, ne croyez-vous pas que c'est une solitude horrible ? Est-ce que vous pensez qu'une amitié, ou quelque chose d'humain peut combler ce vide qui est dans notre cœur quand nous n'avons pas Dieu ? Les hommes de ce monde cherchent l'amitié, cherchent l'amour, mais le véritable amour n'existe pas dans le monde, il ne peut pas exister en dehors de Christ.

 

          Il peut y avoir, dans le monde, des formes d'amitié et d'amour qui peuvent donner un aperçu de ce que pourrait être une véritable amitié, un véritable amour. Les hommes sont toujours en train de rechercher quelque chose qu'ils n'arrivent jamais à attraper, jamais. D'où le succès des romans à l'eau de rose, des romans populaires où il y a toujours le prince charmant qui rencontre sa belle, ils furent heureux et ils eurent beaucoup d'enfants. Mais tout cela, c'est pour combler un vide, parce que dans la réalité, ça ne se rencontre jamais. En tout cas, dans le monde réel, après quelques années, le prince charmant se transforme en ogre et la belle dulcinée en mégère, et ça se termine dans des choses qui ne sont plus du tout celles que le cœur de l'homme avait souhaitées.

 

          Alors, quand on a compris cela, on se rend bien compte qu'en dehors du Seigneur Jésus, il ne peut pas y avoir de solution au problème de la solitude, ni même dans l'Eglise. Tant de chrétiens que j'ai connus, souffraient de solitude, des hommes, des femmes, seuls, surtout des femmes, parce qu'il y a beaucoup plus de femmes qui se convertissent que d'hommes. Beaucoup de femmes chrétiennes qui souffrent de la solitude.

 

          Ce problème de la solitude doit vraiment trouver une solution parfaite dans notre cœur, parce que c'est un piège dans lequel tous les chrétiens peuvent tomber. J'ai connu beaucoup de chrétiens qui souffraient énormément de solitude, alors que dans le plan du Seigneur, il ne doit pas en être ainsi. Le Seigneur, dans sa richesse, a prévu que nous puissions ne jamais souffrir de solitude, et il a donné des solutions pour cela. Il faut absolument que nous comprenions quel est son plan, pour pouvoir nous sortir de ce piège de la solitude.

 

          Il y a une bonne solitude, et il y a une mauvaise solitude. Quand Jésus disait par exemple qu'il n'était jamais seul, il ajoutait aussitôt : parce que mon Père est toujours avec moi. Je vais vous lire ce passage. Dans Jean 8, au verset 16, il dit : « Si je juge, mon jugement est vrai, car je ne suis pas seul, mais le Père qui m'a envoyé est avec moi. » Jésus est Dieu incarné dans un corps d'homme, mais c'est un être humain. Il a connu ce que nous, êtres humains, nous pouvons connaître sur la terre, et il l'a connu d'une manière encore plus intense que nous. Toutes les souffrances, toutes les difficultés qu'un être humain peut connaître, il les a connues, et bien plus que n'importe quel être humain. Celui qui a le plus souffert de solitude sur cette terre, c'est le Seigneur Jésus lui-même, parce qu'il venait d'en haut, et qu'il était rempli de la connaissance d'en haut, de la communion avec son Père. Il est venu au milieu d'un monde de ténèbres où la solitude règne, où le péché règne, où tous les hommes sont séparés de Dieu et où tous sont séparés les uns des autres par une barrière infranchissable. Il est arrivé là, seul, envoyé du Père. Il est venu apporter la lumière vers les siens, et les siens l'ont rejeté. Il a été seul dès le début.

 

          Ce n'est pas dit dans la Bible, mais je suis sûr que tout petit, quand Jésus s'est éveillé à sa nature réelle et à la mission qui était la sienne, quand il a commencé à sonder les Ecritures et à recevoir du Père la révélation de sa mission, je pense pour ma part que quand il a accepté d'être homme, il s'est dépouillé complètement de ses attributs divins. Il n'avait pas le jour de sa naissance toute la connaissance qui lui est venue après, par la révélation. Il avait accepté lui-même de l'abandonner en devenant un petit homme comme nous. En grandissant, il est bien dit qu'il se fortifiait en esprit. Il a grandi en esprit. Et à mesure qu'il a réalisé qui il était, et quelle était sa mission, il a compris à ce moment-là qu'il n'avait évidemment rien à voir avec ceux qui l'entouraient. Ceux qui l'entouraient et qui vivaient dans le péché, qui ne comprenaient pas du tout ce qu'il était venu faire, qui étaient attirés par les choses d'en bas, les choses terrestres, avaient en face d'eux quelqu'un qui descendait d'en haut, qui était rempli des aspirations d'en haut, rempli de la pensée du Père, et qui venait leur apporter le ciel sur la terre. Jésus ne pouvait pas avoir la moindre communion avec les désirs, les pensées, les souhaits de tous ceux qui l'entouraient, même de sa famille.

 

          Quand il a commencé à exercer son ministère, sa propre mère se demandait ce qui se passait, ses frères l'ont traité de dérangé mental, de fou, d'insensé. Ceux qui l'entouraient disaient : "Mais qu'est-ce qui est arrivé au fils du charpentier ? Il commence à dérailler !" parce que d'après les critères humains, ce n'était plus du tout celui qu'ils avaient connu. Jésus a été dès le début de sa vie un incompris. Qui pouvait vraiment comprendre le Fils de Dieu ? Qui pouvait sonder ce qu'il y avait dans son cœur ? Qui pouvait connaître ses aspirations profondes ? Qui pouvait comprendre l'amour, la joie, la paix qui étaient dans son cœur, la sainteté vers laquelle il était constamment attiré ? Ses camarades qui l'entouraient, à Nazareth ? Ses parents, sa famille ? Non, personne.

 

          Et quand Jésus a essayé de parler des merveilles célestes, il y a eu en face de lui de l'incompréhension. Les gens étaient peut-être sincères, comme ses premiers disciples qui, avant d'être remplis et baptisés du Saint-Esprit, avaient vraiment de l'amour pour leur maître, mais ils ne le comprenaient pas. Beaucoup devaient penser dans leur cœur : "On ne comprend pas ce qu'il fait, on le suit parce qu'on l'aime, et on sait qu'il a des paroles qui viennent d'en haut, mais on ne le comprend pas. On voudrait qu'il restaure le royaume d'Israël, qu'il chasse les Romains, qu'il s'installe sur son trône. Au lieu de cela, il est en train de nous parler de croix, de résurrection, de trois jours dans la tombe, ça ne va pas du tout. On ne comprend vraiment pas ce qu'il est venu faire, et pourtant, on sent qu'il vient d'en haut, qu'il y a quelque chose de tout à fait particulier en lui."

 

          Jésus a certainement, souffert d'un manque de communion spirituelle parce qu'autour de lui, il ne pouvait pas trouver des âmes qui pouvaient vraiment comprendre qui il était et ce qu'il était venu faire. Après, par la suite, quand il a répandu le Saint-Esprit pour amener des âmes à la nouvelle naissance, il a pu, évidemment, avoir envers ses enfants un type de relation qui était différent. Mais au début, quand il est arrivé sur la terre, et qu'il n'y avait pas encore d'hommes et de femmes réellement nés de nouveau autour de lui, ces hommes et ces femmes qui l'entouraient ne le comprenaient pas, et il a dû souffrir de solitude. Bien souvent, il a dû dire à son Père : "Mon Père, j'essaye d'établir un contact, mais ils ne comprennent pas. J'essaye de leur apporter des choses d'en haut et ils ne les reçoivent pas." Et il a dû verser des larmes. Il a dû sûrement verser beaucoup de larmes en voyant que les choses d'en haut n'étaient pas reçues par les hommes vers lesquels il était envoyé par le Père, les Juifs d'abord, le peuple d'Israël, et puis tous ceux qui l'entouraient. Il voyait les besoins, il voyait la solution, et ça ne passait pas.

 

          Le Saint-Esprit peut nous montrer les souffrances que Jésus a dû endurer, d'être incompris, d'être rejeté, d'être isolé complètement, parce que autour de lui, il n'y avait que la solitude du péché et des ténèbres. Mais, si Jésus a souffert de cette absence de communion avec les autres, il a pu quand même affirmer dans Jean au verset 16 : « Je ne suis pas seul, mais le Père qui m'a envoyé, est avec moi. » Si Jésus a souffert de solitude dans ses rapports avec les hommes, il a pu dire : "Je ne suis jamais seul, parce que mon Père est toujours avec moi." Dans sa relation avec le Père, il avait une source inépuisable, infinie, qui comblait son besoin de communion, puisqu'il y a au cœur de la trinité une communion parfaite entre ces trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Non pas une seule personne, mais un Dieu unique en trois. Les mots me manquent pour expliquer ce que peut être la communion intime entre ces trois personnes du Dieu unique. Elles sont parfaitement unies dans une communion totale qui doit sûrement engendrer une joie infinie dans leur cœur à chacun, de savoir qu'ils sont un seul Dieu, en trois personnes et en communion totale et parfaite : Père, Fils et Saint-Esprit. C'est cette communion-là que Jésus voudrait faire passer dans nos vies quand il prie, en disant dans Jean 17 : « Père, que tous soient un comme nous sommes un », nous, toi et moi. Donc, il voulait faire passer cette communion dans laquelle il n'y a plus de solitude, c'est terminé.

          

          Quand nous sommes dans cette communion-là, de la même qualité que celle qu'il y a entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, quand, par la puissance de Dieu, nous arrivons les uns et les autres à entrer dans cette grâce d'une communion céleste les uns avec les autres, ne pouvant exister que sur le plan spirituel entre personnes nées de nouveau, connaissant leur Seigneur et la puissance de l'Esprit, donc quand nous entrons dans cette communion-là, nous entrons dans un bonheur surnaturel que les hommes de la terre ne peuvent pas connaître. Je suis sûr que la joie maximum que l'on peut ressentir dans le royaume de Dieu, c'est la joie d'une communion totale entre Dieu et nous, communion qui est un don de Dieu en Jésus-Christ.

 

          Cette communion est appelée à s'approfondir à l'infini. On est comblé, et en même temps, on sait qu'elle va grandir et que ça ne va jamais s'arrêter. C'est quelque chose de fantastique de penser que par la grâce de Dieu, nous, créatures si faibles, mais créées par Dieu, nous puissions être appelés à entrer dans une communion avec l'Eternel. Par la grâce de Dieu, cette communion va s'approfondir jusque dans l'éternité, parce que quand nos yeux le verront face à face, notre cœur sera comblé de joie. La plus grande joie, qui nous attend encore, est celle d'entendre la voix de Dieu qui nous dira : "Viens, entre dans la joie de ton maître, entre dans la paix et dans la joie". Ce qui veut dire viens en communion avec moi. Cette communion dans l'amour d'un Dieu qui nous aime, qui a fait de nous, son fils, sa fille, n'aura pas de fin.

 

          Rien, ni personne ne va gêner cette communion entre toi et moi, et ce sera la même communion avec ton voisin, ton frère et ta sœur. Le fait que tu entres dans une pleine communion avec moi ne va gêner personne puisque tous auront la même communion. Quand on voit deux chrétiens en pleine communion, on dit d'eux : "Ceux-là, ils sont vraiment en communion, c'est vraiment fort comme unité spirituelle", mais quelquefois, la chair et le diable mettent un sentiment de jalousie, et on a l'impression d'être un peu à l'écart. Alors que dans le ciel, dans la communion avec Dieu et les uns avec les autres, il n'y aura plus ce sentiment de rejet, parce que l'amour ne se divise pas en tranches. Si Dieu a pu dire : « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j'ai mis toute mon affection », et si Jésus peut dire : "Père, révèle leur que tu les aimes autant que tu m'aimes, moi", cela implique que toute l'affection du Père est pour moi tout seul, pour toi toute seule, et qu'en même temps, il la donne aussi aux autres sans la partager en tranches. Le fait de me donner toute son affection ne veut pas dire que toi, tu vas en manquer. Tu vas en avoir tout autant parce que Dieu est infini. C'est ça la vraie communion. Est-ce qu'il peut y avoir un sentiment de solitude dans ce type de communion ?

 

          Quand j'entre dans la communion avec mon Dieu, qu'elle se développe et que dans mon cœur, cette communion avec mon Père grandit, je peux dire, comme Jésus : "Je ne suis jamais seul parce que mon Père est toujours avec moi, par Jésus-Christ." Alors, comment est-ce qu'un chrétien peut souffrir de solitude ? Il pourra souffrir seulement comme Jésus a souffert, c'est-à-dire dans ses relations avec les autres, de voir à quel point ses frères et ses sœurs, par exemple, sont encore fermés spirituellement à certaines vérités, de voir qu'ils n'acceptent pas encore certaines révélations qui sont si merveilleuses. Là, il va y avoir un manque dans la communion, cela va être une souffrance. Mais ce manque dans la communion ne va pas se traduire par un sentiment de solitude comme celui des hommes qui n'ont pas Dieu et qui, eux, souffrent d'une solitude absolue, totale. Le chrétien qui jouit de sa communion avec Dieu peut être attristé de son manque de communion avec des frères ou des sœurs (ou à plus forte raison avec ceux du monde, puisqu'il ne peut pas y avoir de communion). Nous savons que notre communion avec Dieu, qui est la première, la plus puissante, la plus profonde, est une réalité ; nous pouvons tirer de cette communion toute la force, toute la vie, toute la joie, toute la paix qui nous est nécessaire pour affronter toute la solitude du monde, malgré la souffrance qu'elle nous cause.

 

          Il ne s'agit pas de dire : "Je ne vais plus jamais éprouver de solitude du tout", mais dans la solitude où je vais me trouver, mon Père est avec moi, mon Seigneur Jésus est avec moi, le Saint-Esprit est avec moi. Je sais que je ne suis pas tout seul au monde (Elie, lui, ne le savait pas, voir 1 Rois 19:14-18). Le jour où par sa grâce Dieu me fait rencontrer des frères et des sœurs qui vivent dans cette même communion avec Dieu, nous entrons immédiatement dans la communion de l'Esprit. Cette joie m'est accordée comme une grâce. Je ne suis plus dépendant des autres pour ne plus être seul, je suis simplement dépendant du corps de Christ, au sens où on y a tous notre place. Mais, je ne vais pas dépendre des uns et des autres pour combler ma solitude.

 

          C'est très mauvais quand des chrétiens qui éprouvent cette solitude ne se rendent pas compte que leur solitude est quelque chose de charnel, parce qu'elle résulte de leur manque de communion avec le Père. Quand ils n'ont pas la bonne solution, ils vont forcément chercher la réponse à leur solitude dans les contacts avec les autres, et ils ne vont pas forcément la trouver. Ils ne vont sûrement pas, en tout cas, la trouver au niveau qu'ils le souhaiteraient. D'où la frustration, la tristesse qui en résulte, la solitude qui augmente au sens où ils se disent : "Je ne trouve personne avec qui décharger mon cœur, je ne trouve personne qui me comprend, je ne trouve personne avec qui je peux vraiment échanger." Combien de fois, j'ai entendu des chrétiens me dire : "Je ne trouve personne avec qui je peux partager, échanger." Dieu sait que c'est un besoin dans notre vie, de partager et d'échanger. Donc, je dois mettre en pratique la bonne solution, qui est spirituelle, c'est-à-dire développer ma communion avec Jésus, avec mon Père, par Jésus-Christ, et rester ouvert autour de moi, pour pouvoir déverser sur les autres ce que Dieu me donne dans sa communion.

 

          Quand je suis en communion avec le Seigneur, je reçois des richesses que je vais pouvoir donner aux autres. Je ne vais pas être dépendant de ce que je vais pouvoir chercher chez les autres. Ce que je cherche me sera donné comme une grâce par ceux qui le recevront de Jésus pour me le donner. C'est vraiment important de comprendre cela. Le Seigneur ne veut pas nous voir dépendant ni des frères, ni des sœurs pour combler un besoin de solitude. Il veut nous rendre dépendant complètement de lui, pour que nous recevions de sa part quelque chose à donner aux autres, sans être dépendant d'eux, autrement que par la dépendance du corps de Christ. Mais là, ce n'est pas une dépendance charnelle, c'est une dépendance spirituelle. Je suis dans un corps, et je sais que je ne peux pas tout avoir. J'ai besoin de ce que les autres peuvent me donner. Dans une dépendance charnelle je suis constamment à chercher quelqu'un avec qui je vais pouvoir être en communion. Si je ne l'ai pas, je vais être triste ou déprimé. Je vais donc augmenter ma solitude. Plus je vais être triste et déprimé, et moins je vais avoir à apporter aux autres et plus je vais les faire fuir ! Je vais justement provoquer ce que je crains le plus. Si je fais fuir les autres, j'aurai de moins en moins de communion avec les autres, et je serai de plus en plus seul.

 

          Pourquoi les gens s'agglutinaient-ils autour de Jésus ? Ils voyaient et ils sentaient en lui quelqu'un qui n'était pas comme les autres, quelqu'un qui était rempli d'amour, de paix, de joie et de la puissance de Dieu, qui leur apportait la vie, qui leur apportait la guérison, la délivrance, parce qu'il était rempli de l'Esprit. Même s'ils ne le comprenaient pas, et qu'ils ne pouvaient pas être au même diapason spirituel que lui, ils cherchaient sa présence. Sauf les Pharisiens qui étaient jaloux et ne le voulaient pas.

 

          Mais les pauvres, ceux qui avaient faim, ceux qui étaient malades, ceux qui étaient éclopés, etc, voyaient passer Jésus : une personnalité remplie d'amour, de puissance : "Seigneur Jésus, j'ai besoin de ça, donne-moi, Seigneur". Jésus n'était pas en communion spirituelle avec eux, au sens où il savait qu'ils ne pouvaient pas vraiment le comprendre, mais Jésus, plein d'amour, leur apportait ce qu'il avait reçu de son Père. Et ils étaient comblés. Étant comblés, ceux qui avaient le cœur honnête et sincère recherchaient encore plus sa présence.

 

          Quand Jésus a commencé à parler de choses un peu dures, comme renoncer à soi-même, mourir à soi, obéir..., le tri s'est vite fait entre ceux qui voulaient du pain et des poissons et ceux qui voulaient vraiment parler sérieusement avec Jésus. Il en est de même avec nous, si nous développons notre communion avec Jésus uniquement parce qu'il nous fait du bien, qu'il nous guérit, qu'il nous délivre ou qu'il nous donne du travail, ça ira bien jusqu'à un certain niveau, mais quand il va nous parler de choses un peu difficiles pour notre chair, on dira : "Non, là, Seigneur, je ne te suis pas". Et si nous disons au Seigneur : "Je ne te suis pas", vous voyez la conséquence pour notre solitude ? Nous allons nous retrouver seul ! A un certain niveau, on aura avancé avec Jésus, on aura été content parce qu'on aura été comblé de bénédictions, et on aura dit : "Ah !, c'est merveilleux d'avoir un Sauveur comme ça", et puis arrivé là, le Seigneur dit : "Bon, attention, maintenant, je vais te révéler quelque chose de plus profond." 

 

          « Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul " (Jean 12:24). Le Seigneur va te faire comprendre que la clé spirituelle de la victoire sur la solitude, c'est la mort à soi en Jésus-Christ, parce que le lit de la solitude, c'est l'égoïsme. C'est parce que les gens sont tous égoïstes qu'ils sont seuls. Si chacun recherche ses intérêts personnels, ou ne voit les choses qu'en fonction de ses intérêts personnels, il va y avoir une foule de solitaires disant : "Personne ne pense à moi", et le voisin dit : "Personne ne pense à moi !", alors chacun se met dans son coin en attendant tout des autres, et si tout le monde attend tout des autres, qu'est-ce qui se passe ? Personne ne reçoit rien ! Quand au contraire vous avez une assemblée d'hommes et de femmes qui ont tout reçu de Jésus et qui sont remplis de bonnes choses à donner aux autres, que va-t-il se passer ? On va tous recevoir quelque chose de bon, parce qu'on aura tous reçu de Dieu quelque chose qu'on ne va pas garder pour nous, on va le donner. Et le bien le plus précieux que Dieu veut nous donner, c'est une communion fraternelle réelle en lui.

 

          Ce qui gène la communion fraternelle au plus haut point, c'est la chair. C'est pour cela que Jésus a dit : « Si le grain de blé (qui est la chair), tombé à terre, ne meurt, il reste seul ". Vous n'avez pas réalisé pour vous-mêmes que ce qui gène le plus la communion entre chrétiens, c'est la chair ? Ce sont les réactions charnelles, c'est l'incompréhension charnelle, c'est le commérage, c'est le manque d'écoute, le manque de discernement. C'est la chair tout ça. Quand quelqu'un vient vous parler parce qu'il a des problèmes, est-ce que vous prenez la peine de l'écouter, ou est-ce que vous continuez à parler, vous, pour lui dire ce que vous avez envie de lui dire ? Si l'autre en fait autant, vous aurez un dialogue de sourds, parce que chacun va déverser ses problèmes sur l'autre. Vous allez repartir en disant : "Oh, il ne m'a pas apporté grand chose, celui-là", et puis l'autre dira pareil. C'est une souffrance dans le corps de Christ parce qu'il y a un tel besoin de communion ! On a été créé par Dieu pour être en communion avec lui et les uns avec les autres. On ne pourra pas être pleinement heureux, on pourra être rempli d'amour, mais on ne pourra pas être pleinement heureux tant qu'on n'aura pas trouvé dans le corps de Christ une communion de la qualité de celle qui existe entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. « Père, qu'ils soient uns comme nous sommes un " (Jean 17:22).

 

          Nous devons vraiment nous repentir devant le Seigneur du caractère charnel de notre comportement et de notre réaction, d'un grain de blé qui n'est pas mort, et qui nous condamne encore à rester seul et à nous assembler dans des églises où la solitude règne encore. Nous n'avons pas compris qu'au lieu de nous plaindre de notre solitude, c'est de notre caractère charnel dont nous devrions nous plaindre. C'est le caractère charnel qui bloque la solution à notre problème de solitude.

 

          Dieu veut que ce caractère charnel soit crucifié. Nous ne devons plus rechercher nos intérêts personnels, par des prières égoïstes : "Seigneur, tu vois ma solitude, comment est-ce que je vais combler ma solitude, Seigneur, donne-moi quelqu'un qui répond à mon besoin de solitude". Ce sont des prières charnelles. Ce n'est pas cela qu'il faut demander au Seigneur. Il faut dire : "Seigneur, montre-moi ce que je peux faire pour apporter quelque chose à quelqu'un qui est seul. Développe ma communion avec toi pour que je sois rempli de toi et des choses d'en haut, que je les distribue à ceux qui en ont besoin : une qualité d'écoute, une qualité de cœur, des choses spirituelles, un discernement spirituel, des dons spirituels d'en haut, le caractère de Jésus, l'amour de Jésus..." C'est en donnant que je vais recevoir.

 

          Dieu te fera la grâce de mettre sur ta route un frère, une sœur, remplis des choses d'en haut, avec lesquels tu vas te trouver vraiment en communion, sans l'avoir cherché. Un cadeau de Dieu, un cadeau du Seigneur. Tu n'auras pas été dépendant, tu ne l'auras pas cherché toi-même, tu n'auras pas remué ciel et terre pour avoir l'âme sœur qui va te comprendre. Dieu a vu que tu avais choisi la bonne attitude, celle de rechercher d'abord sa communion et de demander la révélation de la croix sur ta vie pour que la chair soit mise à mort, pour que tu puisses être vraiment un instrument de vie et de paix autour de toi. Dieu va te faire rencontrer ceux qui ont fait la même expérience, et alors s'établira une communion spirituelle unique que tu n'avais jamais connue avant. Ton bonheur va vraiment se trouver à son comble.

 

          C'est ce que Dieu veut faire entre maris et femmes, mais c'est aussi ce que Dieu veut faire dans tout le corps de Christ parce que la communion est quelque chose de spirituel. N'oubliez pas que dans le ciel, là-haut, il n'y aura plus ni maris, ni femmes, ni enfants, ni parents comme on les connaît sur cette terre. Il y aura des rachetés qui vivront ensemble dans la communion spirituelle de l'Eternel, en sa présence. Donc déjà maintenant, sur le plan conjugal, même s'il y a des relations d'un type tout à fait particulier qui n'existent avec personne d'autre, il doit y avoir entre maris et femmes ce type de communion spirituelle fondée sur la mort à soi en Christ et sur une communion réelle de chacun avec son Dieu, par Jésus-Christ. Quand il y a cela, il y a vraiment le début d'une véritable relation de couple qui dure, une relation solide, inébranlable.

 

          Jésus a dit dans Matthieu 18:19 : « Si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée ». Si deux sont en communion, en symphonie dans leur cœur, ce ne sont pas deux solitudes côte à côte, c'est une union réelle, spirituelle que Dieu accorde à ceux qui ont mis leur chair de côté. Le plus grand obstacle à la communion dans un couple, c'est toujours la même chose, c'est la chair. Quand il y en a un qui est plus spirituel que l'autre, ce qui arrive pratiquement dans tous les cas, celui qui est plus spirituel a plus réalisé la croix, donc est plus à même de réagir spirituellement que l'autre. Il va souffrir le plus du manque de communion, et l'autre qui est moins spirituel va souffrir le plus de solitude. Celui qui est plus spirituel a plus de communion avec son Seigneur et va souffrir du fait qu'il n'y a pas de communion réelle entre les deux parce que les deux ne sont pas au même degré de communion avec le Seigneur, il ne va pas y avoir de pont spirituel entre eux.

 

          Ce pont spirituel entre nous ne peut exister que par notre communion avec Jésus. Cherchons à développer notre communion avec Jésus. Plus nous allons développer notre communion avec le Seigneur Jésus, plus notre chair va être mise de côté. Plus nous recherchons la présence de Dieu, plus la lumière est mise sur ce qui est charnel dans notre comportement, plus le Seigneur va nous révéler l'œuvre de la croix, plus il va nous révéler la splendeur de l'œuvre de Jésus. A la croix, mon moi a été crucifié, j'ai reçu une nature nouvelle et j'ai reçu une vie de résurrection en lui. Plus ma relation dans la communion avec mon Seigneur Jésus va grandir, plus je vais être équipé pour apporter à celui qui est à côté de moi, ou celle qui est à côté de moi, quelque chose de vraiment spirituel, c'est-à-dire l'amour de Christ. Et même si je ne suis pas en communion réelle avec cette personne parce qu'elle n'a pas atteint le même degré de compréhension, le grain de blé est mort et je vais réagir comme Jésus aurait réagi, en souffrant mais en apportant quelque chose qui vient d'en haut.

 

          Et là, il n'y a pas de dispute, il n'y a pas de crise. Pour qu'il y ait vraiment une bagarre, il faut que les deux entrent dans la bagarre. S'il n'y en a qu'un qui entre dans la bagarre, il va vite se fatiguer. Celui qui est en communion avec Jésus tiendra bon. Wesley avait, d'après l'histoire, une femme qui était une mégère épouvantable toute sa vie, mais il a apporté un réveil extraordinaire à toute l'Angleterre et au monde entier. C'était vraiment une écharde à son côté en permanence. Sa femme ne le comprenait pas, le critiquait en permanence, était en opposition permanente envers son ministère et envers lui, mais lui a toujours été, d'après ce que j'ai lu, rempli de l'amour du Seigneur. Il a continué son ministère sans se laisser arrêter par quoi que ce soit. Elle devait être une femme horriblement seule, une femme qui n'a jamais eu de communion avec son mari, ni avec Dieu. Une femme seule, terriblement seule. Lui avait son Père céleste, il était rempli du Saint-Esprit. Il devait souffrir spirituellement, beaucoup plus qu'elle, mais il avait cette puissance de la présence du Père dans sa vie. Cette puissance lui a permis d'apporter au monde et à l'Angleterre de l'époque, une lumière extraordinaire qui était celle de Jésus, tout en souffrant de son manque de communion avec son épouse.

 

          Je lis dans Jean 8, au verset 28 : « Jésus donc leur dit : Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme (il parlait de la croix), alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m'a enseigné. Celui qui m'a envoyé est avec moi ; le Père ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable ". Nous avons vu une première clé pour combattre le sentiment de solitude : développer une réelle communion spirituelle avec Jésus et avec ceux qui nous entourent, pour connaître la joie d'une communion totale entre Dieu et nous. Vous voyez ici dans Jean 8:28 une autre clé de la solution à la solitude : savoir qu'on n'est jamais complètement seul. « Le Père ne m'a pas laissé seul », Jésus n'a jamais connu de solitude absolue, même s'il a été l'homme le plus seul du monde. Il n'a jamais connu de solitude absolue. Le Père était toujours avec lui parce qu'il faisait toujours ce qui était agréable à son Père. Cela va dans le sens que nous disions : augmenter sa communion avec Jésus, c'est connaître sa volonté et marcher dans l'obéissance de cœur à la volonté du Père. Le faisant, nous sommes assurés de la communion avec notre Dieu, de la présence de Dieu manifestée dans notre cœur, qui nous remplit de sa joie et sa paix. Malgré la souffrance de l'absence de communion, nous savons que nous ne sommes jamais seuls.

 

          Comme je vous le disais au début, à mesure que les temps de la fin approchent, beaucoup de chrétiens connaîtront dans ce monde une solitude de plus en plus grande. Leur solitude avec Dieu n'existera pas puisqu'ils seront dans une communion de plus en plus grande avec Dieu. Les chrétiens de la fin, les vrais, les solides, les forts, vont développer une telle communion avec leur Dieu qu'ils seront remplis de l'Esprit-Saint, ils seront l'Epouse qui s'est préparée pour son Seigneur, et ils seront dans une parfaite communion avec leur Dieu. Mais il ne pourra pas y avoir la moindre communion avec le monde qui les entoure, avec l'église apostate, avec l'église charnelle. Ce sera la solitude, le manque de communion, une souffrance de plus en plus grande. On doit s'attendre à cela.

 

          N'espérons pas trouver dans le monde et dans l'église qui nous entoure une communion de plus en plus grande, elle sera de plus en plus rare. Pour deux raisons : parce que le monde devient de plus en plus mauvais, et parce que nous serons de plus en plus proches du Seigneur, puisque notre communion avec Jésus deviendra de plus en plus grande. L'écart se fera de plus en plus grand, et nous saurons qu'autour de nous il y en aura de moins en moins qui seront proches du Seigneur. De toutes façons, plus on grandit avec Jésus spirituellement, et plus on est isolé dans ce monde et dans l'église apostate.

 

          Il est des cas, je vous en parlais, où la grâce de Dieu nous fait rencontrer des frères et des sœurs qui sont eux aussi dans la même communion que nous avec le Seigneur et là, le contact s'établit, même sans paroles. On le sait, on le sent, c'est spirituel. Vous pouvez rencontrer un frère qui est dans le Seigneur, le contact s'établit immédiatement si vous êtes dans le Seigneur, au premier regard, premier contact, sans un mot. L'Esprit nous le confirme, et la joie de la communion s'établit à ce moment-là. Ce genre d'expérience sera de plus en plus rare parce que nous serons de plus en plus isolés. Il faut s'y préparer, il faut le savoir, il ne faut pas s'attendre à des choses qui vont aller en s'améliorant. Il faut savoir que nous serons de plus en plus seuls au niveau du monde. Il y aura de moins en moins de personnes avec lesquelles nous serons vraiment en communion spirituelle. Il y aura partout dans le monde de ces personnes qui seront vraiment en communion avec Dieu. Mais comme nous sommes éparpillés et de plus en plus isolés, notre communion sera avec le Père, avec le Fils, avec le Saint-Esprit, et avec l'ensemble du corps de Christ qui est un peuple innombrable sur la face de la terre mais que nous ne connaissons.

 

          On vit donc une situation un peu paradoxale : une communion avec Dieu qui grandit, et sur cette terre, une communion avec les autres qui devient de plus en plus rare, parce que les ténèbres s'épaississent. Mais là où existe cette communion, elle est d'une qualité unique. C'est le corps de Christ. Le corps de Christ, ce n'est pas l'ensemble des chrétiens de la terre. Les églises visibles de 200 membres ou plus, où l'on dit je suis chrétien, ne sont pas le corps de Christ. Le corps véritable de Christ est composé de tous ceux qui ont fait une nouvelle naissance réelle, qui sont entièrement consacrés au Seigneur, qui lui ont tout abandonné et qui ont soif des choses de Dieu, des choses d'en haut. Là, la communion va se faire. Et cette communion sera d'une qualité unique, mais rare. Consolons-nous par ces paroles, sachant que notre communion avec Dieu va grandir d'une manière que nous n'aurons jamais connue avant, que nous serons de plus en plus isolés dans un monde de ténèbres, mais que dans ce monde de ténèbres il y a une Epouse de Jésus-Christ avec laquelle nous sommes en communion spirituelle, avec laquelle, le Seigneur, dans sa grâce, nous fera entrer en contact. Même s'ils sont rares et occasionnels et s'ils sont limités à quelques personnes, ces contacts seront d'une qualité de communion que nous n'aurons jamais connue avant. Voilà le tableau ! Alléluia. Merci Seigneur.

 

          Faisons attention, si nous parlons de solitude. Si nous sommes chrétiens, nous ne devons jamais souffrir de solitude de manière absolue, jamais. Si nous en souffrons, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans notre relation avec Dieu par Jésus-Christ. Nous allons souffrir du manque de communion autour de nous, ça c'est sûr, mais c'est quelque chose de complètement différent. Ne recherchons pas la communion des autres pour en devenir dépendants, recherchons la communion avec le Seigneur, et nous trouverons automatiquement la communion avec l'ensemble du corps de Christ et nous pourrons alors apporter au monde quelque chose que le monde ne connaît pas, c'est-à-dire une présence de l'amour de Dieu entre deux ou plusieurs personnes, qui ne peut exister que dans le sein du véritable corps de Christ. Ne soyons pas déçus ou attristés parce que nous ne trouvons pas suffisamment cette communion autour de nous. Le Seigneur nous a prévenus. Nous la recherchons en priorité avec le Seigneur, mais nous savons que le Seigneur nous dirigera vers ceux qu'il connaît, lui, et il nous fera la grâce de rencontrer ces moments de communion en attendant la communion généralisée dans le ciel.

 

          En ce qui concerne les couples, et les groupes, tels que le nôtre, groupes de maison qui sont les groupes de la fin, recherchons à développer cette communion sur une base vraiment spirituelle, c'est-à-dire de mort à soi-même, de recherche de la présence du Seigneur. C'est là que ça commence pour l'Eglise : au niveau du couple, au niveau de nos prochains qui sont autour de nous, des frères et des sœurs avec lesquels nous sommes en contact, c'est là que nous devons chercher à apporter cet amour de Christ dont les autres ont besoin. Et en l'apportant, en le donnant, chacun le recevra. Cela doit nous donner le désir de chercher la communion avec Jésus, un désir encore plus ardent. Et c'est vraiment la clé pour nous, si nous sommes animés de ce désir de rechercher la communion avec Jésus, nous aurons des moments de communion fraternelle les uns avec les autres qui seront vraiment intenses et réels.

 

 

          "Seigneur, je te bénis parce que tu as prévu dans ton plan, que dans ton Epouse, dans ton Corps, tu puisses nous faire connaître cette communion réelle de l'unité de l'Esprit, pas seulement l'unité de la connaissance de savoir que nous sommes frères et sœurs en Christ, mais une réelle communion vivante par ta vie, un sentiment profond d'unité dans l'amour et dans ta présence, Seigneur, qui ne dépend pas seulement de ce que nous dirons ou de ce que nous ferons, mais qui dépend de ta présence dans nos cœurs, de ta réalité. Seigneur, je te prie pour que tu travailles dans mon cœur pour que je sois vraiment un instrument entre tes mains qui facilite cette communion fraternelle dans mes contacts avec les autres, dans mes relations avec le reste de ton corps. Que je puisse apporter ta lumière, ta vie, ton amour et ta paix, pour que les autres, ceux qui font partie de ton corps, puissent recevoir de toi quelque chose de bon, Seigneur, de très bon. Fais-le au niveau de ton Corps, entre nous, au niveau des couples, au niveau de chacun de nous. Je te prie pour que tu fasses grandir cette communion entre nous, à l'image de ta communion entre toi, Jésus, et ton Père, et le Saint-Esprit. Que nous puissions grandir dans cette communion en grandissant dans notre communion avec toi. Au nom de Jésus, mon Dieu. Amen."