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mis le 23/11/2006


Ce texte est la mise par écrit d'un message donné oralement par Henri VIAUD-MURAT, message qui a été enregistré sur cassette audio. Afin de garder la spontanéité de ce qui a été donné, la mise par écrit a été faite en conservant l'intégralité de l'enregistrement oral, sauf quelques modifications mineures qui étaient nécessaires à la compréhension du texte écrit.



Conversion apparente, ou véritable conversion ?

L'exemple d'un engagement superficiel, et l'exemple d'un coeur tout entier tourné vers l'obéissance



            Ce soir j'aimerais simplement faire parler deux hommes, et nous laisser conduire par le Seigneur. L'un de ces deux hommes est l'apôtre Paul, notre modèle puisque son modèle était Jésus. Je voudrais vous parler de l'apôtre Paul, et aussi de Salomon, pour voir comment ils ont commencé et comment ils ont fini.

 

            Vous savez que Salomon était le fils de David et de Bath-Chéba. Quand Salomon est devenu le roi d'Israël à la mort de son père, il a eu une apparition du Seigneur ! Le Seigneur lui est apparu personnellement. C'est une expérience que peu d'hommes font ; je connais des personnes à qui Dieu est apparu, qui l'ont vu, et lui ont parlé. Mais en général, c'est une expérience que le Seigneur réserve à peu de gens.

 

            Salomon était un homme qui a été grandement béni par le Seigneur. Lisons ce que Salomon a demandé au Seigneur quand il a commencé son règne et que Dieu lui est apparu,.

 

            Dans 1 Rois au chapitre 3, au verset 5 : « A Gabaon l'Eternel apparut en songe à Salomon pendant la nuit et Dieu lui dit : Demande ce que tu veux que je te donne. Salomon répondit : Tu as traité avec une grande bienveillance ton serviteur David mon père, parce qu'il marchait dans ta présence dans la fidélité, dans la justice, et dans la droiture de cœur envers toi (Salomon connaissait très bien les dispositions de cœur de David son père et il les donne-là de manière exacte : fidélité, justice, droiture de cœur), tu lui as conservé cette grande bienveillance et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône comme on le voit aujourd'hui. Maintenant, Eternel mon Dieu, tu as fait régner ton serviteur à la place de David, mon père ; et moi je ne suis qu'un jeune homme, je n'ai point d'expérience. Ton serviteur est au milieu du peuple que tu as choisi, qui est immense, qui ne peut être ni compté ni nombré, à cause de sa multitude. Accorde donc à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal ! Car qui pourrait juger ton peuple, ce peuple si nombreux ? »

 

            C'est une bonne demande qui est faite par Salomon à Dieu. Qu'est-ce que nous aurions fait ? Qu'est-ce que nous aurions demandé à Dieu s'il nous avait posé cette question ? Réfléchissons un moment : qu'est-ce que nous aurions demandé à Dieu ? Salomon a décidé de demander à Dieu l'intelligence et la sagesse pour pouvoir juger le peuple, et il est bien dit : Cette demande plut au Seigneur. Il n'a demandé ni richesse, ni longue vie, ni honneurs, etc. mais la sagesse et l'intelligence pour juger le peuple. Dieu lui a accordé ce qu'il avait demandé et même bien au-delà.

 

            Nous savons comment Salomon a terminé sa vie. Il a régné pendant quarante ans, il a eu un début de règne glorieux et il a toujours été rempli de la sagesse du Seigneur pour juger le peuple, discerner le bien du mal. Mais nous savons qu'il a très mal terminé. Dieu seul sait aujourd'hui s'il est sauvé, s'il s'est repenti au dernier moment, vu la manière dont il a terminé sa vie. Au début de son règne, il était une figure de Christ, mais lisons ce qu'il a fait plus tard.

 

            1 Rois 11:1 : « Le roi Salomon aima beaucoup de femmes étrangères outre la fille de Pharaon : des Moabites, des Ammonites, des Edomites, des Sidoniennes, des Héthiennes, appartenant aux nations dont l'Eternel avait dit aux Israélites : Vous n'irez pas chez elles, et elles ne viendront pas chez vous ; elles détourneraient certainement vos cœurs vers leurs dieux. Ce fut à ces nations que s'attacha Salomon entraîné par l'amour. Il eut sept cents princesses pour femmes et trois cents concubines : et ses femmes détournèrent son cœur. A l'époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d'autres dieux et son cœur ne fut point tout entier à l'Eternel son Dieu, comme l'avait été le cœur de David son père ». Salomon savait très bien quelles avaient été les dispositions du cœur de son père : un cœur tout entier plein d'amour pour Dieu.

 

            « Salomon alla après Astarté, divinité des Sidoniens, et après Milcom, l'abomination des Ammonites. Et Salomon fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, et il ne suivit point pleinement l'Eternel, comme David son père. Alors Salomon bâtit sur la montagne qui est en face de Jérusalem un haut lieu pour Kemosch, l'abomination de Moab, et pour Moloc, l'abomination des fils d'Ammon. Et il fit ainsi pour toutes ses femmes étrangères, qui offraient des parfums et des sacrifices à leurs dieux (et certains de ces sacrifices étaient des sacrifices humains, des enfants qui étaient sacrifiés). L'Eternel fut irrité contre Salomon... »

 

            Nous savons la suite. Le royaume a été divisé, on peut dire que Salomon est mort spirituellement misérablement. Je crois que dès le début de son règne, Salomon a montré par les dispositions de son cœur qu'en fait son cœur n'était pas pleinement tout entier tourné vers l'Eternel comme l'était celui de son père David.

 

            Alors vous pourriez me dire : Mais pourtant la demande qu'il a faite a plu à Dieu : avoir l'intelligence et la sagesse pour juger le peuple. Dieu lui a donné une pleine intelligence et une pleine sagesse, mais il y avait une chose qui manquait à Salomon et qu'il aurait peut-être dû demander en priorité : c'est un cœur rempli d'amour pour Dieu Lui-même, pour ne jamais se détourner des commandements du Seigneur tout au long de sa vie. Il a eu la sagesse pour juger les autres, mais il ne s'est pas jugé lui-même. Donc nous pouvons être remplis de la sagesse du monde, de la sagesse de Dieu, de toute la connaissance et de toutes les paroles de révélation, de sagesse, de connaissance et de tous les dons spirituels : en fait c'était un don que Dieu lui avait donné, un don spirituel de sagesse, de discernement. Il savait discerner ce qui était bien et ce qui était mal pour juger les autres, mais pas pour se juger lui-même.

 

            Nous voyons cela dans l'Eglise du Seigneur et aussi dans nos vies; nous avons peut-être des paroles rapides pour donner de bons conseils aux autres ou pour les juger dans le bon sens en disant discerner ce qu'ils font de bien ou ce qu'ils font de mal. ; mais est-ce que nous mettons en pratique pour nous-mêmes en priorité tous les bons conseils que nous donnons aux autres ? C'est un problème pour tous les serviteurs de Dieu en particulier, quand nous prêchons la Parole de Dieu, si nous ne mettons pas en pratique ce que nous prêchons, peut-être que les autres ne s'en rendent pas compte, mais Dieu le voit, et Satan le voit aussi. Nous ne pouvons échapper ni au jugement du Seigneur, ni au piège du malin, si nous ne mettons pas en pratique ce que nous confessons, ce que nous disons, ou ce que nous faisons pour les autres dans la Parole du Seigneur.

 

            Salomon était rempli de sagesse : il était rempli de ce don spirituel de sagesse et de discernement. On le voit dans ses écrits. Il a goûté à tout, il a écrit des recueils sur tous les sujets qui pouvaient s'imaginer à son époque, il a examiné toutes choses, il a eu mille femmes (sept cents femmes et trois cents concubines). Son cœur qui n'était pas pleinement attaché à l'Eternel a été entraîné à la fin de sa vie, dans sa vieillesse, à adorer des idoles et à sombrer dans l'idolâtrie la plus abominable, en entraînant la destruction pour son peuple. Donc je pense pour ma part, qu'il n'a pas demandé à Dieu ce qui convenait, bien que sa demande ait plu à Dieu et qu'il était bon de demander la sagesse pour juger le peuple. Mais je crois qu'il aurait dû faire quelque chose de plus profond dans son cœur : demander pour lui à Dieu un cœur tout entier capable de se juger lui-même pour être dans les plans du Seigneur tout au long de sa vie, jusqu'au bout, jusqu'à la fin.

 

            Si nous n'avons pas dès le début de notre conversion un cœur tout entier tourné vers l'obéissance au Seigneur quoi qu'il nous en coûte, nous ne pourrons pas tenir et tôt ou tard ce sera la chute. Il vaut mieux que notre chute devant Dieu se passe au début de notre conversion, comme la chute de Paul de Tarse devant le Seigneur quand il lui est apparu. Paul a chuté lui aussi, mais il n'a pas chuté comme Salomon : il a chuté parce qu'il est tombé de sa hauteur, il est tombé de la position de Pharisien, de cette position d'homme rempli de lui-même et rempli de la sagesse religieuse de son temps, de la théologie religieuse de son époque.

 

            Nous pouvons dire que Saul de Tarse était un érudit profond ; c'était un théologien qui avait été élevé aux pieds de Gamaliel. Saul connaissait toutes choses en matière de théologie et de la Parole de Dieu. C'était un homme rempli de zèle pour la défense des intérêts du Seigneur tels qu'ils les voyait, c'est-à-dire avec un esprit religieux non changé par le Seigneur. Il avait un cœur tout entier pour son Seigneur, avec un zèle amer et un esprit de dispute parce qu'il ne connaissait pas Dieu. Nous voyons la différence entre Paul et Salomon dès le début de leur contact avec le Seigneur. Jésus est aussi apparu à Paul au début de sa conversion, Jésus est apparu à Paul comme il est apparu à Salomon. Il est apparu à Salomon dans un rêve, dans un songe, Il est apparu à Saul sur le chemin de Damas au moment où il allait persécuter les Chrétiens.

 

             Nous allons voir dans les Actes des Apôtres comment cela s'est passé pour lui et quelle a été sa réaction et comment cette réaction a conditionné tout le reste de sa vie contrairement à Salomon. Actes des Apôtres, chapitre 9 et verset 1 : « Saul respirant la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain sacrificateur, et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem. Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes ». Cela est une révélation qui détruit tout ce que Saul avait pu construire tout au long de sa vie. En une seule phrase le Seigneur détruit tout ce que Saul avait construit sur sa pratique religieuse et sur sa théologie. « Je suis Jésus que tu persécutes ». En quelques secondes, dans le cœur, dans l'esprit, dans la tête de Saul, il s'est passé des choses d'une profondeur que nous pouvons à peine imaginer, des choses capitales pour le reste de sa vie. En un instant il a compris que toute sa théologie, ses pratiques pharisiennes étaient vaines, qu'il était complètement à côté, qu'il s'était trompé, qu'il était dans un échec religieux total.

 

            « Je suis Jésus que tu persécutes, il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d'effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » Voyez la différence entre la réaction de Salomon et la réaction de Saul. Pour Salomon, c'est Dieu qui demande à Salomon : "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" Et Salomon répond selon le désir de son cœur. S'il avait eu le cœur vraiment engagé comme celui de Saul il aurait pu répondre : "Non, Seigneur, c'est moi qui te demande ce que tu veux Toi, pour moi." Cela aurait été une réponse identique à celle que Saul avait sur le cœur et qui correspondait à ce que Dieu avait sur son cœur. C'est ce qu'il y avait sur le cœur de Paul, qui dit au Seigneur : "Je te demande ce que tu veux que je fasse. ?" C'est le fait de réaliser que nous avons devant nous le Seigneur Jésus en personne qui nous fait la grâce de se manifester directement, de nous faire tomber de notre piédestal religieux, de nous mettre à terre et de nous dire simplement quelques mots  : « Je suis Jésus que tu persécutes ».

 

            Paul comprend en un instant que Jésus est le Seigneur, qu'il est Dieu, qu'il est Yahvé qu'il servait si mal, et qu'il est en même temps la tête du corps de Christ, qu'il est le Christ qu'il était en train de persécuter au travers des Chrétiens. Le Seigneur change en un instant toute sa théologie pour lui révéler la vérité à savoir qu'il est le Seigneur, qu'il est le Christ, le Messie d'Israël, qu'il fait un avec son corps. Quand on touche à l'un de ses enfants, on touche au Seigneur Lui-même. Le salut lui est révélé en quelques mots. Immédiatement il a compris et il dit : « Seigneur, maintenant que veux-tu que je fasse ? » Alors voyez ce retournement de la conversion de Saul. En un instant il a compris qu'il s'était trompé ; en un instant il a la révélation de la vérité, et immédiatement le désir profond de son cœur est de dire : "Seigneur, je m'incline maintenant et je te demande ce que tu veux que je fasse ?" Quand Paul dit : Que veux-tu que je fasse ?, le Seigneur ne lui donne pas une splendide révélation de ce que va être son ministère jusqu'à la fin. Il lui dit des choses toutes simples qui concernent le pas suivant qu'il aura à faire.

 

            Il dit simplement : « Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire ». C'était quelque chose de fantastique parce que cela sortait de la bouche du Seigneur. Mais si on analyse la réponse du Seigneur à sa question, ce n'est pas quelque révélation sensationnelle, c'est exactement ce que le Seigneur voulait pour lui. Il a compris que Paul voulait obéir au Seigneur tout de suite. Le Seigneur lui montre par cette réponse qu'il va apprendre à marcher pas à pas et jour après jour dans cette obéissance. Ce qu'il lui demande maintenant, c'est d'aller à Damas et après : « On te dira ce que tu dois faire ». Pars par la foi sans savoir ce qui va t'arriver par la suite ; lève-toi, va à Damas, et là on te dira le pas suivant à faire.

 

            Jésus prend la peine d'aller chercher un simple disciple, Ananias, pour aller imposer les mains à celui qui allait être le grand apôtre Paul, pour faire tomber les écailles de ses yeux afin qu'il recouvre la vue et qu'il soit rempli de l'Esprit. Pour avoir été persécuteur de l'Eglise, Paul savait très bien ce qui l'attendait. Qu'est-ce qui l'attendait ? C'était l'emprisonnement et la mort probable, par le fait que son cœur se soit entièrement tourné vers l'obéissance et l'amour de Jésus. Paul avait de l'amour pour son Maître et son Seigneur ; il avait de l'amour pour Dieu qu'il servait si mal auparavant avec un zèle amer, persécuteur et violent de quelqu'un qui est religieux et pharisien.

 

            Les religieux et les Pharisiens sont toujours persécuteurs et violents. L'esprit de Caïn cherchera toujours à faire mourir l'esprit d'Abel. Si nous commençons à devenir persécuteur et méchant, c'est un très mauvais signe : c'est que l'esprit de Caïn, l'esprit de la chair, du monde et de Satan commence déjà à nous influencer. Dans le corps de Christ il n'y a absolument aucune place pour la persécution, la domination et la contrainte, mais il y a une place pour l'attitude comme celle de Paul qui, pour défendre les intérêts de son Maître, possédait une pleine fermeté, une pleine assurance, délivré de toute crainte des hommes et des conséquences qu'ils pourraient avoir pour sa propre vie. A partir de ce jour il défendait exclusivement les intérêts de son Seigneur, quel que soit le coût pour lui, pour sa propre vie et sans aucune crainte de quiconque. Celui qui persécutait l'Eglise commence immédiatement à témoigner à Damas et à attester qu'il avait compris que Jésus était le Messie.

 

            D'ailleurs le Seigneur dit à Ananias au verset 15 de ce même chapitre 9 : « Va, car cet homme est un instrument que j'ai choisi pour porter mon Nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d'Israël ; et je lui montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour mon Nom. » C'est ce qui caractérise le ministère de Paul : la souffrance du début à la fin. Relisez encore la deuxième épître de Paul aux Corinthiens ou ses autres épîtres ou les Actes des Apôtres : regardez à quel point Paul a souffert pour le Nom de Jésus. Alors nous devons nous-mêmes, bien-aimés, nous préparer à la même chose si notre conversion est réelle et pas comme celle de Salomon qui n'était pas une vraie conversion du fond du cœur : il l'a prouvé par la suite. Salomon était un homme bien disposé pour son Seigneur, mais il n'était pas dans une position de persécuté, il était dans une position de maître et de seigneur souverain de son peuple et de son royaume, tout le monde lui obéissait, ses désirs étaient instantanément accomplis. Je ne peux pas dire qu'il ait beaucoup souffert pour le Nom de son Seigneur. Salomon aurait certainement beaucoup plus souffert si son cœur avait été entièrement attaché au service de son Seigneur comme son père David a pu souffrir, notamment entre les mains de Saül et de tant d'autres qui étaient opposés au Seigneur.

 

            L'esprit qui animait Paul animait aussi David. David a eu des chutes dans sa vie, il a fait des choses qui n'étaient pas bonnes. Mais dans le fond du cœur de David il y avait cet amour ardent pour son Dieu et le désir de marcher avec lui dans l'obéissance et la sincérité de cœur, et il en a souffert toute sa vie. Je ne vois pas Salomon souffrir comme David, c'était l'homme de paix qui devait régner après l'homme de guerre qu'avait été David. Dieu lui avait promis un temps de paix, mais même dans la paix quelqu'un qui veut vraiment marcher dans la droiture de cœur et dans l'obéissance va toujours se trouver en opposition avec les puissances de Satan, les puissances du monde qui ne veulent absolument pas marcher avec l'Esprit du Seigneur. Quelle que soit notre position, nous devons souffrir quand nous sommes au Seigneur. Si nous ne souffrons pas, nous pouvons nous poser des questions sur la réalité de notre conversion. Paul est allé devant les rois, devant l'empereur, devant les princes, il est allé devant les Juifs, devant les nations, devant les païens. Il a été envoyé par Jésus dans la terre entière habitée à cette époque. Partout il a rencontré de l'opposition, il a rencontré des persécutions, l'emprisonnement, la flagellation, les fouets. Partout il a aussi pu répandre merveilleusement la Parole du Seigneur et toucher des âmes pour le Seigneur.

 

            « Je lui montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour mon Nom ». Nous devons être préparés à la souffrance. Beaucoup de Chrétiens ne sont absolument pas préparés à la souffrance ; quand ils commencent à souffrir de persécutions ou de tribulations pour le Nom de Jésus-Christ, et que l'Eglise qui marche par la chair se tourne vers eux et commence à les critiquer en disant  : "Mais ce n'est pas possible que tu sois un serviteur de Dieu avec tout ce que tu endures comme tribulations, tu n'es pas béni du tout, ce n'est pas un grand succès ton ministère..." Tandis que de celui qui attire les foules immenses, qui arrive à ramasser des milliards de dollars pour construire des magnifiques immeubles pour le service du Seigneur, de grandes orgues, et que les caisses sont pleines etc... on dit : "celui-là est béni par Dieu !"

 

            Si nous regardons dans le détail la vie quotidienne de l'apôtre Paul, ce qu'il a dû souffrir, le nombre de fois où il a été rejeté d'une ville en étant lapidé ou persécuté ou rejeté par les Chrétiens, les faux frères, ou si nous avions vécu à côté de lui au moment où il vivait ces choses, est-ce que nous n'aurions pas été tentés de dire : "Celui-là n'est pas très béni par le Seigneur dans sa vie quotidienne, il n'a que des problèmes ! Il n'attire pas des grandes foules." Alors nous devons être préparés à la souffrance, à la persécution, à l'échec même, je ne dis pas à la maladie, à l'infirmité, mais à l'échec. Nous devons être préparés afin qu'un travail que nous avons commencé pour le Seigneur quelque part soit amené à un échec complet par la volonté du Seigneur, comme cela a été le cas pour de nombreux disciples de Jésus ou de nombreux martyrs, des missionnaires qui ont été mis à mort sur les lieux où ils allaient évangéliser.

 

            Quand Paul et Silas étaient emprisonnés à Philippes après une campagne d'évangélisation qui n'a pas été un grand succès, ils se trouvaient au fond de la fosse la plus profonde en train de chanter les louanges du Seigneur apparemment sans grand succès dans leur mission. Pourtant le Seigneur veillait. Il est intervenu d'une manière miraculeuse ; le geôlier et sa famille se sont convertis. Des âmes ont été gagnées pour le Seigneur ! Il n'y a pas eu cent mille personnes sur la place principale de Philippes pour venir écouter le grand apôtre Paul qui arrivait de l'autre bout du monde.

 

            Je sais que nous vivons dans la fin des temps et que la foi et l'amour du plus grand nombre diminueront. Si Jésus nous a prévenus que l'amour du plus grand nombre allait diminuer, c'est parce que l'inimitié va grandir ; et il a posé la question : « Trouverai-je la foi sur la terre quand je reviendrai ? » La vraie foi, celle de Paul. Cela signifie certainement que dans la fin des temps les choses vont devenir de plus en plus difficiles pour ceux qui voudront vraiment marcher avec Dieu dans l'obéissance, comme Paul, et que ceux-là doivent être préparés à souffrir de plus en plus pour le Nom du Seigneur jusqu'à la mort. Il est arrivé par exemple, il n'y a pas très longtemps dans un pays d'Afrique, que des missionnaires qui étaient là et qui faisaient le bien autour d'eux sur le plan social, sur le plan économique etc. tout en répandant l'Evangile du Seigneur parce que c'était un pays qui était en révolution, ces missionnaires ont été pris par les rebelles qui les ont liés avec du fil de fer barbelé et les rebelles les ont tous achevés à coup de hache. Les témoins qui ont assisté à ce massacre ont pu dire que pas un seul n'a ouvert la bouche, ni soupiré, ni ne s'est plaint du sort qui lui était réservé. Tout a été complètement détruit dans leur mission, ils ont tous été mis à mort avec leurs familles.

 

            Apparemment c'est un échec complet mais sur le plan spirituel c'est une immense victoire pour le Seigneur, parce que cela a montré que ces missionnaires avaient dans le cœur l'Esprit qui animait Paul. Ils savaient bien ce qu'ils risquaient, comme Paul le savait très bien et « Ils n'avaient pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort ». Peut-être nous ne sommes pas directement concernés, nous qui sommes confortablement installés dans des chaises ou des fauteuils dans un environnement qui n'est pas si désagréable, mais peut-être que le temps viendra ou sûrement ce sera plus difficile. Dans nos cœurs, est-ce que nous sommes prêts en réponse à notre témoignage chrétien à manifester cet amour pour le Seigneur sans aucune crainte ni des hommes, ni du sort qui peut nous être réservé ? Sommes-nous passés, comme Paul, par ce changement complet d'attitude qui peut permettre au Seigneur de nous utiliser comme instrument puissant entre ses mains, que ce soit pour aller trouver le paria du coin, ou tel roi ou tel prince, peu importe, c'est Lui qui décidera ? Mais cela nécessite la même obéissance de notre part.

 

            Dans Actes 9, au verset 23, il est dit : « Au bout d'un certain temps les Juifs se concertèrent pour le tuer, et leur complot parvint à la connaissance de Saul. On gardait les portes jour et nuit, afin de lui ôter la vie ». Nous voyons comment l'apôtre Paul a fini sa vie après avoir persévéré dans l'obéissance et le service du Seigneur au milieu de tant de difficultés, de souffrances. Il a fini par être emprisonné : la Bible ne dit pas exactement quelle a été la fin de sa vie, elle laisse entendre dans la dernière Epître à Timothée qu'il approche de sa fin et qu'il sait de quelle manière il va périr. La tradition nous rapporte qu'il a été exécuté par Néron et qu'il a eu la tête tranchée. En tout cas Paul était prêt à passer par là, c'est sûr, et il a été fidèle jusqu'au bout ; il pouvait même pousser la hardiesse jusqu'à dire à ceux qui l'entouraient : " Prenez-moi comme modèle parce que mon modèle c'est le Seigneur Jésus. »

 

            C'est la prière que je fais pour ma part au Seigneur, je dis : "Seigneur, que dans le fond de mon cœur il y ait toujours cet amour ardent pour Toi, pour Ta Parole parce que sans amour ardent pour Toi et Ta Parole, je ne vais pas avoir un amour ardent pour ceux qui m'entourent." Quand à la fin de sa vie Salomon s'était détourné du Seigneur (c'est-à-dire qu'il n'aimait plus le Seigneur), Dieu a suscité des ennemis à Salomon. Au lieu de se repentir il a persécuté ses ennemis, Jéroboam et les autres ! Il était animé d'un esprit méchant, mauvais. Si nous aimons le Seigneur de tout notre cœur, Il déversera dans nos cœurs Son amour pour les autres parce que nous aurons compris que notre amour pour le Seigneur va passer par la mort à nous-mêmes pour que l'amour du Seigneur puisse vraiment se manifester. Ce qui gênait Salomon, c'est qu'il n'a jamais crucifié pleinement son moi ; s'il l'avait fait, il n'aurait pas laissé son cœur se détourner pour suivre des idoles. C'est de la chair que vient l'idolâtrie : l'idolâtrie, l'occultisme, le culte des démons et des faux dieux, tout cela sont des œuvres de la chair. Si Salomon avait marché dans cette vie crucifiée de renoncement à lui-même et à ses désirs personnels, il n'aurait pas terminé sa vie comme il l'a fait : il n'avait renoncé ni à lui-même, ni à ses intérêts personnels.

 

            Au contraire, Saul de Tarse avait complètement renoncé et à lui-même et à ses intérêts personnels : c'est là la marque distinctive d'un vrai Chrétien. Si tu as renoncé à toi et à tes intérêts personnels on peut dire que tu es un converti du Seigneur. Je ne dis pas renoncer à défendre les intérêts de Jésus, mais renoncer à défendre tes intérêts personnels. Si tu es injustement traité, réagis-tu ? Est-ce que tu as tendance à te défendre, à te justifier non pas dans un esprit doux et paisible pour montrer que tu es un disciple de Jésus, mais à te défendre parce que ton moi a été touché et qu'il réagit ? Si je me mets encore en colère c'est que mon moi n'est pas encore complètement sur l'autel. Si je me mets en colère, si je m'irrite, si je m'impatiente c'est en général pour défendre mes intérêts personnels qui ont été touchés par quelqu'un et ma chair n'aime pas cela.

 

            Ce que j'admire dans la conversion de Saul, c'est quelle est immédiate, complète à cent pour cent, un retournement complet. Donc, si cela a été le cas pour un homme c'est possible pour tous et non seulement c'est possible pour tous, mais c'est exigé pour tous. Il se peut très bien que j'aie encore besoin de me convertir tout en étant converti. Si le Saint-Esprit me montre qu'il y a dans ma vie des choses qui viennent encore de ma chair, c'est-à-dire de la défense de mes intérêts personnels, qui viennent encore de la satisfaction de la chair et de ses mauvaises œuvres, le Seigneur peut me dire : "Tu as besoin de te convertir !" Il y a quelque chose qui n'a pas été complètement retourné dans ta vie, qui m'empêche de manifester Ma Vie dans ta vie.

 

            Le Seigneur n'a jamais défendu ses intérêts personnels, Il a toujours entièrement défendu ceux du Père, Il n'a pas considéré sa propre vie. Il a simplement considéré ce que le Père Lui demandait, c'est-à-dire donner sa Vie pour le salut du monde. C'est cet esprit qui doit nous animer, nous qui sommes au Seigneur, et nous devons en permanence nous remettre en question. Si c'est la chair qui se manifeste, je dois me tourner vers Jésus et lui dire : "Seigneur, j'ai besoin que Tu fasses dans mon cœur un travail plus profond pour que tout vienne à la mort et que je puisse être un instrument entre Tes mains."

 

            Voilà en quelques paroles ce que je voulais rappeler ce soir. Ce n'est pas l'apparence qui compte. On pourrait appliquer à Salomon ce qui est dit dans 1 Corinthiens 13 : « Si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui résonne... Et quand j'aurais la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien ». Salomon est devenu un airain qui résonne. L'amour que Dieu nous demande d'abord dans notre cœur : c'est l'amour pour Lui, pour sa Parole.

 

            Pour moi, c'est un appel en permanence afin que je m'examine devant le Seigneur en disant : "Seigneur, je veux que tu fasses dans mon cœur ce que tu as fait pour Saul. Cette grande lumière qui a resplendi sur son chemin, je veux que tu la fasses resplendir pour moi et que je puisse vraiment ouvrir les yeux comme Saul l'a fait". Les yeux de Saul s'étaient fermés sur le monde extérieur, mais ses yeux s'étaient ouverts sur le Seigneur, sur sa Parole et sur ce que demandait Jésus. Jésus demandait tout, il a tout donné.

 

            Seigneur, je te prie pour que dans mon cœur et dans ma vie tu fasses un travail constamment plus profond pour que tu te révèles, que tu fasses une pleine lumière sur ce qui se passe au fond de mon cœur. Ce que je te demande, Seigneur, c'est un amour toujours plus profond, toujours plus grand pour toi, pour ta Parole, pour ton œuvre, pour tes intérêts, pour ta volonté. Seigneur, que tes enfants ne soient pas comme Salomon mais que nous soyons comme des Saul de Tarse qui, dès le départ, avait compris ce que tu lui demandais. Que nous puissions vraiment te dire à chaque instant de notre vie : Que veux-tu que je fasse ? Même si cela doit nous coûter notre réputation, notre vie ou même si cela doit être un échec complet pour ce que nous sommes en train de faire. Seigneur, je te demande que nous puissions agir uniquement par amour pour toi et guidés par ta lumière. Je te prie de nous accorder à tous ta grâce, ta bénédiction et que nous puissions être entre tes mains des instruments capables, et dignes de l'appel et de la vocation que tu nous a donnés en Jésus. Mon Père, je te le demande au Nom de Jésus-Christ, je t'en remercie, Amen !